Le père du P’tit Quinquin fête ses 200 ans

Alexandre Desrousseaux est l’auteur du célèbre « P’tit Quinquin » mais aussi d’autres chansons patoisantes. Découvrez cette figure lilloise célébrée jusqu’à la fin 2020.

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Il a vu le jour le 1er juin 1820 au 120 de la rue Saint Sauveur, à Lille. La Ville fête cette année le bicentenaire de la naissance d’Alexandre Joachim Desrousseaux. Une programmation pleine de surprises vous attend cet été et jusqu’à la fin de l’année. Conférences, archives inédites, témoignages, secrets de patrimoine…

Desrousseaux est bien sûr célèbre pour « Le P’tit Quinquin », « canchon dormoire » (« chanson à dormir », berceuse) créée en 1853, écho d’un quotidien miséreux mais tendre et courageux. Elle se fredonne encore aujourd’hui et son air est régulièrement sonné par le carillon du beffroi de la Chambre de Commerce, place du Théâtre.

Petite histoire d’une grande berceuse !

En visite avec sa mère dans le quartier Saint Sauveur, alors le plus pauvre de la ville, où il vit, Alexandre Joachim Desrousseaux est captivé par une dentellière qui tente d’endormir son enfant. Inspiré par ce tendre tableau, il compose la musique et les paroles du « P’tit Quinquin ». La berceuse fait partie de la cinquième livraison de ses « Chansons et pasquilles lilloises ».

« Le P’tit Quinquin » est d’abord mis à l’honneur au Théâtre de Lille en 1855, puis lancé à Paris deux ans plus tard. Comme beaucoup des « tubes » d’Alexandre Desrousseaux, il va servir à des pas de danse.

L’canchon dormoire devient aussi le signe de ralliement de tous les Nordistes et du premier corps d’armée pendant la Première guerre mondiale. Puis l’hymne des hommes du Nord pendant le conflit de 1939-1945. La chanson en bon patois, simple et expressif, se perpétue.

En créant « Le P’tit Quinquin », le chansonnier lillois, qui repose depuis 1892 au cimetière de l’Est,  ne se doutait pas que son air se transmettrait de génération en génération !

Chansonnier patoisant

« Le P’tit Quinquin », tout de suite adopté par tous, raconte la vie du petit peuple de Lille. Alexandre Desrousseaux croque en peu de mots des situations du quotidien avec beaucoup de sensibilité, une tendresse amusée et sans misérabilisme. La chanson pourtant en dit long sur les conditions de vie épouvantables des ouvriers du textile du 19e siècle.

Chef de file des chansonniers patoisants des années 1850, il a composé d’autres chansons, célèbres à l’époque, comme « La braderie », « L’habit d’min grand-père » ou « La noce de César ».  Sans vulgarité ni jugement moral, il peint les mœurs de son temps avec poésie, naïveté et espérance.

Ses premiers pas dans la musique

À six ans, il devient apprenti chez un tisseur qui lui apprend également à lire et à écrire. Une chance pour l’époque. Son employeur chante toute la journée et permet aussi au jeune garçon de prendre, gratuitement, quelques cours de solfège.

Alexandre apprend les bases de la musique avec son père, un passementier (ouvrier travaillant la production de fils), qui court les bals avec un violon pour arrondir ses fins de mois. Il crée son premier morceau à l’âge de 15 ans. « Le spectacle gratis » devient très populaire.

Alors qu’il exerce le métier d’employé des contributions à la mairie, il compose toujours et chante aussi. Pendant des années, il connaîtra le succès avec ces textes, témoignages réalistes des mœurs populaires de son époque, et ses mises en musique.

Par Valérie Pfahl



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