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Roger Salengro : une figure lilloise

Homme politique d’envergure nationale, Roger Salengro, Maire de Lille de 1925 à 1936, a considérablement modernisé la ville. Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Léon Blum, il fut victime d’une infâme campagne de calomnie orchestrée par l’extrême droite. Il se donne la mort dans la nuit du 17 au 18 novembre 1936. Découvrez ici les grandes étapes de sa vie et quelques exemples de ses réalisations.

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Né à Lille, Roger Salengro passe son enfance à Dunkerque. En 1904 il revient à Lille, pour faire ses études au lycée Faidherbe où il obtient son bac à 17 ans. Il s’inscrit ensuite à la faculté des Lettres.
Roger Salengro adhère au Parti socialiste en 1909. Il crée le groupe des étudiants collectivistes. Lors de son service militaire à Arras, il est fiché au fameux Carnet B (à surveiller). En 1914, il se porte volontaire pour le Front et participe aux combats d’Artois et de Champagne. Il est fait prisonnier le 7 octobre 1915 en allant rechercher le corps d’un ami tombé dans les lignes allemandes. Comme il refuse de travailler pour l’industrie de guerre allemande, il est enfermé dans la forteresse de
Cottbus en Prusse. A son retour de captivité, il ne pèse plus que 42 kg.

>Retrouvez toutes les informations sur l'hommage à Roger Salengro les 18 et 19 novembre.

Le socialiste

Dès 1920, Roger Salengro devient secrétaire administratif de la Fédération du Nord du Parti Socialiste et œuvre à la reconstruction du parti après la scission de Tours. Conseiller municipal de Lille en 1919 et Conseiller général du canton de Lille Sud-Ouest, il est élu Député en 1928, 1932, 1936. En 1928, il crée « Le Peuple Libre » journal de la section de Lille de la SFIO.
 Secrétaire général adjoint de la fédération en 1925 à la mort de Gustave Delory, Roger Salengro déploie une énergie considérable pour développer le parti qui retrouve son niveau de 1913 avec plus de 12 000 adhérents. Dans le climat houleux des années 30, il participe à tous les combats contre l’extrême droite.

Le Maire de Lille

Remplaçant dès 1923 Gustave Delory malade, Roger Salengro est élu Maire de Lille en mai 1925 après sa victoire aux élections municipales. Le principal objectif de Roger Salengro est de faire de Lille une grande métropole. Durant ses 11 années de mandat, la ville va effectuer un bond en avant et sortir du 19ème siècle.

Une grande ambition pour Lille

Roger Salengro veut faire de Lille une grande métropole. Il va se donner les moyens de construire cet avenir : son ambition s’inscrit dans un plan d’aménagement global qui concerne tous les domaines : urbanisme avec la disparition des remparts et des fortifications, l’assainissement de Lille, la création de logements sociaux, le nouvel hôtel de ville et le beffroi, la reconstruction d’équipements sanitaires, équipement, une grande politique de santé et de solidarité, une grande politique familiale et de l’éducation…

Le ministre

C’est à un élu de qualité dont les capacités politiques et l’autorité sont reconnues, que Léon Blum fait appel en juin 1936 pour lui confier le portefeuille de Ministre de l’Intérieur. Ils se connaissent bien et s’apprécient. Pour résoudre dans le calme le plus grand mouvement social que la France ait connu, Roger Salengro réunit partout en France syndicat et patronat dans les préfectures ou les mairies ; cette méthode ouverte mais ferme porte ses fruits : les grèves cessent à la fin du mois de juin sans qu’une seule goutte de sang n’ait coulé. Après la signature des Accords de Matignon le 8 juin 1936, dont il est l’un des principaux artisans, Roger Salengro est reçu officiellement dans sa ville
par une foule en délire. C’est l’euphorie et le temps du bonheur.

La calomnie

Après le vote de la Loi de dissolution des ligues factieuses le 19 juin 1936, Roger Salengro devient l’homme à abattre pour l’extrême droite. Après « L’Action française », le 14 juillet, l’hebdomadaire « Gringoire » accuse le Ministre de l’Intérieur d’avoir déserté à l’ennemi le 7 octobre 1915. « L’Affaire Salengro » commence. Malgré la riposte de Roger Salengro, Gringoire ne désarme pas : il a flairé le scandale et l’exploite à fond pour distiller le doute et la haine. Léon Blum fait examiner le dossier militaire de Roger Salengro par une commission d’enquête militaire qui conclut à l’innocence du ministre. Le député lillois Henri Becquart interpelle le Gouvernement à la Chambre le 13 novembre ; le vote est clair : 427 députés sur 530 « constatent l’inanité des accusations portées et condamnent les campagnes de calomnies ».

Les funérailles

Le 18 novembre 1936, quand les Lillois apprennent la nouvelle de son suicide, la colère monte dans les quartiers populaires ; un désir de vengeance s’exprime et il faut tout le poids de Léon Blum, accouru à Lille, pour éviter le pire. Le dimanche 22 novembre 1936 à 15 heures, ils sont des milliers de Lillois accompagnent Roger Salengro au cimetière de l’Est.

Un hommage permanent

Centre Social, Centre hospitalier, place, rue, avenue… plusieurs voies et établissements lillois portent le nom de Roger Salengro, en hommage à l’ancien Maire de Lille.

Le discours de Léon Blum à l'occasion des funérailles de Roger Salengro

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