Biodiversité : tout un monde !

Profiter d'un espace vert à Lille, c'est aussi croiser des espèces animales et végétales inattendues, de retour, protégées... Panorama non exhaustif d'une biodiversité qui continue de s'enrichir.

Durant le confinement, pas de piétinement ni de tonte, la végétation a pu s'épanouir librement, comme ici dans le parc de la Citadelle. © Daniel Rapaich

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À Lille, la mise en place d’une gestion écologique des espaces verts et l’attention portée à la biodiversité ne datent pas d’hier. Depuis 2004, des initiatives sont mises en place par la Ville pour préserver, restaurer et enrichir la faune et la flore. Ces derniers mois, le confinement a aussi provoqué des effets sur la nature qui ont confirmé tout l’intérêt d’aménagements spécifiques.

Plus de fleurs donc plus d’insectes, plus de calme dont plus d’oiseaux, il faut bien avouer que l’absence (ou quasi absence) de l’humain dans les espaces verts a été bénéfique ! Pourquoi ?

« Les bords de Deûle et les zones de prairies n’ont pas été piétinés pendant de nombreuses semaines, la végétation a pu librement s’épanouir », explique Yohan Tison, écologue recruté  par la municipalité dès 2003.

Et de citer, par exemple, les plantes de marais, comme l’iris, qui ont percé en nombre le long des fossés de la Cunette à la Citadelle. Ou encore les centaurées et les marguerites qui atteignent cette année 60 centimètres de haut !

Que fait là la grande sauterelle ?

L’alliaire, petite fleur blanche, qui nourrit l’aurore, papillon blanc aux extrémités orangées, pousse aussi avec exubérance.

Et pourquoi la grande sauterelle verte, notre « cigale à nous », balade-t-elle sa longue silhouette dans de nombreux secteurs comme le jardin Vauban, les tilleuls de l’Esplanade, la plaine de la Poterne ? « Durant le confinement, les tontes ont été arrêtées dans tous les espaces verts de la ville », raconte le spécialiste, « les larves ont eu le temps de grandir ». 

Convaincue par ce constat, la Ville réfléchit pour aller encore plus loin dans la gestion écologique des espaces verts, comme, par exemple, de décaler les premières tontes ou de ne pas tondre trop ras. Elle va également augmenter le nombre de prairies fleuries sur des zones peu ou pas utilisées par le public.

De nombreux insectes, notamment les bourdons et les abeilles, tirent aussi avantage de ces pelouses recouvertes de pissenlits, de véroniques, de pâquerettes… 

L’abeille noire docile et résistante

Pour son garde-manger, en ce moment, l’abeille à miel noire le trouve plutôt dans les épis rosés de la salicaire, plante poussant à proximité des cours d’eau. Docile, excellente butineuse et résistante à différents climats, cette espèce endémique peut contribuer à la conservation de la biodiversité locale. Cette salicaire avait d’abord été déployée pour une autre petite abeille solitaire qui ne vit que grâce à cette plante, la mélitée de la salicaire, bien sûr !

À Lille, la municipalité a choisi de cibler 21 espèces pour lesquelles des aménagements ou une gestion spécifique sont mis en place. C’est le cas, par exemple, pour le martinet noir. Pour cette cousine des hirondelles, vulnérable dans la métropole, une soixantaine de nichoirs a été installée dans la ville, en particulier sur les églises, Saint-Michel place Philippe Lebon, Saint-André dans le Vieux-Lille ou encore Notre-Dame à Fives.

Des oiseaux qui s’habituent aux humains

« Le confinement a également donné envie à certaines espèces d’oiseaux, habituellement effrayés par le monde, de s’installer dans nos espaces de nature », rappelle Yohan Tison.

Il a aperçu pour la première fois à Lille, deux couples de grèbe castagneux, pourtant très farouches. Et des couples de fauvette grise ont posé leurs nids du côté du Kayak Club. Le chardonneret élégant peut aussi faire des festins dans la capitale des Flandres grâce aux graines de pissenlit !

Ces oiseaux ne risquent-ils pas de fuir avec le retour des promeneurs, joggeurs, propriétaires de chiens… « Pas obligatoirement, c’est une histoire d’habitude », précise l’écologue, « sans doute les petits nés en milieu urbain vont-ils se familiariser à la fréquentation humaine et donc ne pas la craindre ».

Rien que pour les yeux

Pour que la faune et la flore puissent cohabiter intelligemment avec les habitants, la Ville étudie la mise en place d’espaces verts seulement accessibles de façon visuelle. Il en existe déjà, sur l’île Derborence dans le parc Matisse, dans le parc des Buissonnets et sur l’îlot Pépinière à Saint Maurice Pellevoisin, ou dans les bassins à Euratechnologies. Dans ces zones de nature livrée à elle-même, plantes et animaux peuvent vivre, en territoire urbain et humain mais préservés…

Par Valérie PFAHL



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