Climat : Lille s'engage

Convaincue que la transition énergétique passera par les villes et les citoyens, Lille applique la formule « penser global, agir local ».

Photo : Julien Sylvestre
Photo : Julien Sylvestre

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Il faut agir pour le climat, vite et ensemble. Voilà le message du GIEC, groupe intergouvermental d’experts sur le changement climatique, dans son dernier rapport 2018. Martine Aubry, maire de Lille, s’en est vu remettre officiellement un exemplaire le 13 octobre dernier, tout comme les responsables des grandes métropoles du monde.

« À Lille, nous avons pris la mesure de cette urgence », rappelle l’élue, « nous pensons qu’il faut mettre les bouchées doubles, c’est la raison pour laquelle nous avons déposé notre candidature au label capitale verte européenne. Notre ambition n’est pas de gagner un prix mais de mettre tout le monde en mouvement afin de réussir cette transition énergétique et écologique ».

Pourquoi cette urgence ?

Aucun doute, il fait de plus en plus chaud sur notre Terre et l’homme est presque à 100% responsable de cette augmentation de température.

Les experts du GIEC se sont basés sur plus de 9000 publications scientifiques pour affirmer que le réchauffement climatique atteindra 1,5°C entre 2030 et 2050 s’il se poursuit au rythme actuel. Ils annoncent même 3°C d’ici 2100.

Quelles conséquences ?

L’idée n’est pas d’être alarmiste mais de rappeler quelques-uns des impacts du réchauffement climatique.

Déjà des signes avant-coureurs : des phénomènes météo tels que typhons, ouragans, tornades… de plus en plus fréquents, une fonte continue de la banquise (fissure l’été dernier de la plus ancienne et épaisse mer de glace du Groenland), accélération de l’extinction des espèces avec 32% des populations vertébrées en déclin…

Les experts annoncent : . des vagues de chaleur  et des sécheresses de plus en plus intenses, une menace pour la survie de coraux et poissons, des calottes polaires de plus en plus déstabilisées, une montée des eaux, des espèces qui disparaissent, l’eau douce qui devient de plus en plus rare…

Que faire ?

Pour ne pas dépasser les 1,5°C et limiter ainsi ces impacts, il est indispensable de transformer radicalement tous les secteurs de la société, au niveau mondial.

Les experts du GIEC confirment donc la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Objectif à atteindre : une diminution de 45% d’ici 2030 puis la réalisation d’une « neutralité carbone » en 2050, c’est-à-dire arrêter de mettre dans l’atmosphère plus de CO2 que l’on peut en retirer.

Cela doit passer par une sortie des énergies fossiles dans l’industrie, les transports, les logements, l’agriculture ou encore l’alimentation. Les mesures doivent être mises en place rapidement et à une plus large échelle qu’aujourd’hui.

Et à Lille ?

Que fait la Ville pour promouvoir la transition ?

. après s’être engagée dans la première convention des maires pour le « 3X20 », c’est-à-dire 20% de consommation d’énergie en moins, 20% de CO2 en moins, 20% d’énergies renouvelables en plus, elle s’est fixée un nouvel objectif : réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

. elle développe des alternatives à la voiture, en lien avec la MEL : nouveaux services de transports collectifs, plus d’auto partage, création de pistes cyclables, nouveau plan de circulation…

. elle applique les normes BBC (bâtiment basse consommation) dans les nouvelles constructions, en avance sur la législation

. elle recherche des modes de construction innovants, comme les îlots nordiques prévus sur le site de Saint-Sauveur,  conçus selon le principe du bioclimatisme avec auto-production d’énergie, toitures végétalisées…

. elle a diminué la consommation énergétique de l’ensemble de son patrimoine municipal de 19% depuis 2004 (soit 20M€ d’économies)

. elle a révisé son marché d’éclairage public, permettant une baisse de 42% de notre consommation en 9 ans. Et prévoit 50% de baisse d’ici 2020, sachant que 100% de l’énergie électrique de son éclairage public provient d’énergies renouvelables 

. elle travaille avec l’ADEME pour utiliser le potentiel des toitures municipales afin de produire davantage d’énergies renouvelables

. elle effectue, avec la MEL, des travaux de raccordement du réseau de chaleur urbain depuis le centre de valorisation énergétique d’Halluin, pour permettre l’économie de 50.000 tonnes équivalent CO2

. elle a mis en place la collecte bio déchet servant à produire du biogaz sur 37 sites municipaux

. elle plante des arbres (5000 entre 2018 et 2020) et végétalise les façades (400 par)

. elle a créé de nouveaux espaces verts comme le parc JB Lebas, le parc du Grand Sud, le jardin des cultures à Lille Sud, le jardin d’eau aux Bois Blancs, les square Philippe de Comines à Moulins, plusieurs jardins de poche…

. elle a banni les produits chimiques pour l’entretien des espaces verts

. elle va lancer un plan d’actions pour la sauvegarde de 10 nouvelles espèces aujourd’hui menacées dans l’écosystème lillois, 14 ayant déjà fait leur réapparition

. elle développe un réseau d’agriculture urbaine autour de trois grands pôles (Fives Cail, Concorde, Palais Rameau)

Et bien d'autres actions...

En savoir plus ici et

Par Valérie Pfahl



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