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Dans les coulisses de l’Opéra

Du répertoire classique à la création contemporaine et aux temps forts pour les familles, l’Opéra de Lille accueille plus de 70 000 spectateurs par an. Que se passe-t-il avant l’arrivée des artistes sur les planches ? Reportage dans les coulisses de « La Cenerentola ». 

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Sur scène

Effervescence maximum sur le plateau. La pré-générale de l’opéra de Rossini, « La Cenerentola », démarre dans quelques heures. Il ne faudrait pas que le mur couleur or de 750 kilos reste coincé ! Les quatorze machinistes vérifient tous les mouvements des décors. « Le metteur en scène joue beaucoup sur le mouvement et les profondeurs dans un décor minimaliste. Les ascenseurs sous la scène permettent de zoomer sur certaines actions de l’intrigue et de leur donner plus de puissance ».

Cette explication, c’est Stéphane qui nous la donne. Il est le régisseur général de cette production et supervise tout le plateau. « La plus grande difficulté tient à la synchronisation des mouvements manuels et des mouvements programmés par ordinateur pour faire bouger les décors ». De son côté, l’accessoiriste vérifie son placard. Les bouteilles en verre et les bulles nécessaires aux 16 chanteurs du choeur sont bien en place.

En salle de maquillage

Des couleurs grasses, du fond de teint, de la poudre blanche et tout un tas d’autres pots et flacons sont éparpillés sur les tables. Chaque personnage dispose d’une fiche comme Amando qui doit avoir la frange en l’air et les yeux maquillés de teintes 043 et 046.

Tisbe, la belle-sœur de Cendrillon, n’est pas assez blanche. Laurence, la créatrice maquillage, rappelle que le grimage se veut impressionniste et donc que les teints très pâles sont privilégiés. L’interprète de Tisbe bavarde : ce moment la détend. Quant à l’artiste interprétant Dandini, très extraverti sur scène, il reste silencieux. À chacun sa façon de se concentrer. Six maquilleuses-coiffeuses déploient leur savoir-faire sur ce spectacle. De leur côté, les habilleuses déposent les vêtements, fripes colorées des années 60-70, dans les loges des solistes et préparent un portant pour les chœurs.

Avec la directrice des lieux

Pour Caroline Sonrier, directrice de l’Opéra de Lille, cette première est un grand jour, l’aboutissement d’un très long projet. Avec son équipe, elle travaille depuis trois ans sur ce « bijou du répertoire », le dernier opéra-bouffe de Rossini. Elle a réservé l’orchestre de Picardie dès 2013 puis s’est mise en recherche des rôles principaux, en tenant compte de leur couleur de voix mais aussi de leur personnalité. Une fois choisi, le metteur en scène présente une maquette du plateau miniature. Il faut ensuite embaucher l’assistant musical, l’équipe technique ou encore le coach. Venu d’Italie, il vérifie les accents des artistes dont certains, originaires d’Argentine, de Suisse ou de France, doivent chanter dans la langue de Dante.

Côté lumières

Les 300 projecteurs sont-ils bien accrochés ? C’est la moindre des choses ! Hauteur sous plafond : 21 mètres. Les spécialistes vérifient que chacun fonctionne. « On se fait le précipité en 8a », crie Gabriel. Du langage d’initiés. Les lumières sont encodées informatiquement et leurs intensités sont corrigées selon les souhaits du metteur en scène. Deux lustres et un ciel étoilé créeront aussi l’ambiance lors de certaines scènes.

Et les musiciens ?

Pour eux, les choses sont un peu différentes. Cela fait un mois qu’ils répètent chez eux. Lorsqu’ils retrouvent les artistes, ils connaissent individuellement leur partition. Guidés par le chef d’orchestre, ils unissent alors leurs notes aux voix. Des répétitions sur scène sont également mises en place durant plusieurs jours avec le pianiste et les chœurs. Le jour de la pré-générale, ils arrivent donc peu de temps avant le lever du rideau, la musique ayant été réglée en amont.

Dans la loge de Cendrillon

Les vocalises se font entendre derrière la porte, 15 minutes avant la montée sur les planches. Souriante, Emily Fons n’a pas le trac car, dit-elle « je sais que je ne suis pas parfaite ». « Les artistes américains sont toujours à la fois très professionnels et très humbles », affirme Caroline Sonrier. Originaire du Wisconsin, la Cenerentola de l’Opéra de Lille, est mezzo-soprano. « J’aime ce personnage qui exprime tendresse et bonté avec beaucoup de simplicité ». En scène, annonce une voix dans les haut-parleurs…
 
Par Valérie Pfahl



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