Délinquance : un accompagnement pour éviter la récidive

Le dialogue, l’écoute, la confiance patiemment établie, ouvrent la porte de relations privilégiées. Depuis six ans, le centre social La Busette joue la carte de la prévention.

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Les dernières nouvelles de Samuel* réjouissent Badraddin Farny Benazouz et Fantine Tincq, éducateurs spécialisés au centre social La Busette. Condamné à de la prison pour braquage à l’âge de 25 ans, Samuel s’est formé et va signer un contrat avec une entreprise. Alors qu’il était en détention, il a été suivi par Badraddin pendant et après son incarcération, grâce à un partenariat étroit avec la Mission Locale et le service CPIP (conseiller pénitentiaire et de probation).

Cet accompagnement en milieu carcéral permet de préparer la sortie. « Nous parlons d’insertion, de logement, de soins, de liens avec les parents, et nous travaillons avec nos partenaires pour favoriser la reprise en main du jeune une fois dehors », explique l’éducateur spécialisé. Pour ainsi éviter la récidive. Depuis six ans, le centre social La Busette joue la carte de la prévention. « Notre atout, c’est à la fois de bien connaître les familles qui fréquentent notre structure depuis des années et de nombreux jeunes du secteur Hoover que nous côtoyons lors d’activités, de projets, ou grâce au travail de rue », précise Isabelle Gueusquin, la directrice des lieux.

Le dialogue, l’écoute, la confiance patiemment établie, ouvrent la porte de relations privilégiées. Badraddin et Fantine sont connus et reconnus. « Les jeunes savent qu’on ne va pas les laisser tomber », remarque Fantine. Un engagement également reconnu par les professionnels de la justice. Ainsi, la jeune femme a récemment accompagné Hamza* dans le bureau d’un juge d’application des peines. Et proposé qu’une amende, impossible à payer par ce jeune, soit convertie en travail d’intérêt général.

Le centre social La Busette dispose d’ailleurs d’un agrément permettant d’y effectuer des TIG, dans des missions d’entretien ou de rénovation, par exemple. Le centre social du Faubourg de Béthune a lui aussi récemment obtenu cet agrément. Et dispose d’un nouveau financement pour des actions de prévention de la récidive.

Ce projet fait partie des 53 financés par la Ville dans le cadre de son Plan d’action lillois de prévention de la délinquance voté au conseil municipal de février dernier. « Pour prévenir la récidive, il est important d’accompagner le jeune, pour qu’il gagne en confiance en lui et en respect des autres, pour qu’il puisse se projeter dans l’avenir aussi », s’accordent à dire Fantine et Badraddin.

Par Valérie Pfahl * Les prénoms ont été changés.

Le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) est obligatoire pour toutes les villes de plus de 10 000 habitants. À Lille, il réunit Ville de Lille, Préfecture, Police Nationale, Justice, Éducation nationale, Conseil départemental, bailleurs sociaux, Keolis-Ilévia, SNCF, associations de prévention et d’aide aux victimes… Ces partenaires travaillent autour de six enjeux :

  • prévenir la délinquance des mineurs et des jeunes majeurs exposés à la délinquance ;
  • prévenir les violences et renforcer l’accompagnement des victimes ;
  • améliorer la tranquillité publique ;
  • agir contre la réitération et la récidive ;
  • apaiser la vie nocturne ;
  • accompagner les populations vulnérables.


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