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Humans of Lille tire les portraits

Marion Quesneau, Lilloise d’adoption, photographie depuis trois ans des passants dans les rues de la Ville et raconte leur histoire sur sa page « Humans of Lille », qui compte désormais 18 000 abonnés. 

Marion Quesneau expose ses portraits jusqu'au 30 novembre. © A. Gadeau, Ville de Lille
Marion Quesneau expose ses portraits jusqu'au 30 novembre. © A. Gadeau, Ville de Lille
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Marion commence à tirer le portrait aux personnes qu’elle croise dans les rues lilloises en 2014, lorsqu’elle emménage dans notre ville. Humans of Lille n’est pas la seule émanation du projet de blog photo “Humans of New York”, de Brandon Stanton : la jeune femme cite entre autres, parmi les plus connus, les séries Humans of Bombay, of Amsterdam et dans l’Hexagone, les Humans of Paris ou Rouen. Si Marion connaît de près ou de loin leurs auteurs, il n’en reste pas moins que chaque projet est conçu comme indépendant, avec son propre modus operandi. Le sien est basique, et elle n’y déroge que rarement : tout part toujours d’une rencontre dans la rue, à l’avenant (1).

La rue comme source inépuisable de rencontres

Comme elle nous l’explique, « La photo, c’est seulement 30% du portrait ». Armée de son objectif (d’une taille modeste, pour rester discrète), elle aborde un Lillois ou une Lilloise, demande l’autorisation de le photographier puis engage la conversation. De ces échanges durant lesquels elle exerce sa maïeutique, elle conserve un cliché souvenir et de précieux extraits (« j’enregistre tout, pour ne pas oublier »).

S’en suit un long travail de réécriture à la maison, une étape fastidieuse mais riche de sens. Marion ne traque pas les belles histoires, elle tient à l’authenticité et la spontanéité de la rencontre : ses entretiens contiennent des épisodes parfois douloureux (deuil, maladie, ruptures familiales), mettent en avant des parcours militants comme des accidents de la vie. Dans les commentaires, les abonnés, fidèles et captivés, saluent la démarche :

  • « Merci à vous de nous faire découvrir de belles personnes un peu (ou beaucoup...) cabossées par la vie qui nous donnent de belles leçons de courage » (Anne-Cécile, mai 2017),
  • « Merci pour ce grand rayon de bonheur » (Anne, mars 2017),
  • « Merci pour ce portrait qui nous ouvre les yeux sur les gens que nous croisons souvent sans les regarder, qui ont des vies si difficiles et qui gardent pourtant le moral » (Zaza, décembre 2016).

Qu’il s’agisse d’anecdotes banales ou fascinantes, les portraits que réalise Marion constituent un vrai catalogue de Lillois, où ni le jeunisme ni la retouche n’ont droit de cité ! D’ailleurs, sa référence, c’est un atlas : celui de la photographe Mihaela Noroc, qui a fondé The Atlas of Beauty, des portraits de femmes à travers le monde.

Refléter la diversité, une priorité

Donner une image de la ville n’est pas la vocation première de Marion, qui a pourtant remarqué que toutes les personnes qu’elle photographiait avaient « un lien fort avec Lille, revendiqu[ai]ent souvent leur appartenance à ce territoire ». Territoire que cette Grenobloise d’origine a (re)découvert quant à elle sous toutes ses coutures, en se lançant dans cette aventure.

Autre caractéristique du projet : un engagement pour les minorités teinte le projet de Marion, qui met un point d’honneur à ce que les « Humans of Lille » soient le reflet d’une ville diversifiée. Les personnes en situation de handicap, les membres de la communauté LGBTQI+ sont régulièrement représentés. Avec une communauté d’environ 18 000 personnes sur Facebook, elle estime qu’elle a “une certaine responsabilité” quand elle publie un portrait. En mars dernier, elle a par exemple consacré une série aux droits des femmes, une cause qui lui tient à cœur.

Et justement, cette communauté qu’elle a su fédérer autour de son travail, comment la qualifierait-elle ? « Bienveillante », sans aucun doute : l’animation de sa page comprend très peu de modération, ce sont des conversations qui y naissent, plus que des polémiques. Et cela lui plaît, d’avoir réussi à « créer ça ». Certaines personnes dont elle a tiré le portrait ont trouvé du soutien et du réconfort auprès des abonnés. Parfois même un travail, c’est le cas de jeunes sortis du système éducatif, auxquels elle a consacré une série.

Du mur Facebook à ceux de la Ressourcerie

« L’idée d’une exposition a émergé quand j’ai senti que j’avais assez de portraits à présenter et que j’avais surtout très envie de rencontrer les gens qui suivent la page. », explique-t-elle sur la page de la Ressourcerie, le bar participatif qui a hébergé l’exposition Humans of Lille, en novembre 2017. 

Et si Humans of Lille, comme le projet de son homologue parisien, devenait un jour un bouquin ? Marion imagine en effet « être publiée un jour, pourquoi pas » mais pas tout de suite, elle se laisse le temps… elle a encore tellement d’histoires à découvrir, que voudront bien partager avec elle les passants.

Par A. Chalchat

(1) Elle concède une entorse, le récent portrait de l’artiste Solange.

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