Intarissable

Michel Loustalot, ancien prof, formateur et écrivain chronique régulièrement le Vieux-Lille et « sa » rue d’Angleterre. Avec un enthousiasme intact.

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Les savoureuses descriptions littéraires et la gent féminine font toujours friser l’œil de Michel L’Oustalot. À bientôt 70 ans, cette figure du Vieux-Lille a gardé l’accent du Sud et l’énergie d’un jeune homme. De troquets en hôtel particulier, hiver comme été, l’ancien prof arpente le quartier où il a élu domicile il y a 40 ans. Il en connaît tous les recoins, tous les habitants aussi, en tous cas ceux qui gravitent autour de son fief, le 62 de la rue d’Angleterre.
L’artère n’est pas la plus touristique du quartier, et pourtant…

Le livre qu’il lui a consacrée, Le Roi de la rue d’Angleterre – chroniques du Vieux-Lille (1), a rencontré un joli succès. « J’ai d’ailleurs un projet d’adaptation en mini-série, pour 2020 », précise-t-il. On y retrouverait quelques-uns des habitants et amis croqués dans l’ouvrage, comme Christian le coiffeur, « déconneur et charmeur (…) la quarantaine élégante, quoique passée ». Ou Nathalie, « la flèche blonde, jupe de cuir (…) jolies gambettes, cheveux au vent ». Sous la plume de Michel L’Oustalot, les personnes deviennent personnages. « La rue est un dispositif érotique, dit-il avec gourmandise. On s’y fait beau, on s’y sourit. Surtout dans ce quartier, où règne encore un esprit de village ».

L’ouvrage est aussi une ode aux petits commerces, « de moins en moins nombreux hélas ». Une perte de convivialité et de praticité qu’il déplore.
Le raconteur se raconte peu : la naissance à Montauban, l’arrivée à Lille à l’âge de 11 ans, l’installation rue d’Angleterre en 1977. Enseignant en lettres dans un lycée professionnel, il s’établit au numéro 69. L’immeuble est délabré comme le reste du quartier, « cogéré en communauté post-soixante-huitarde ».

Quatre ans plus tard, il emménage au 62, dans une maison du XVIIIe siècle qui héberge aussi les Editions du Phénix, l’organisme de formation fondé avec sa compagne Marie. De son salon sous les toits, parmi les guides de voyages et les statues d’Afrique et d’Océanie, cet admirateur de Blaise Cendrars s’émerveille encore de la grande roue et du beffroi de La Voix du Nord dévoilés à la faveur des chutes de feuilles. Son cher quartier, il le chronique toujours dans le trimestriel gratuit La Gazette de Lille. Pour les 350 ans du rattachement à la France, il y a proposé des balades historico-burlesques, mobilisant des voisins chargés de jouer Vauban ou Louis XIV.

«J’aime l’idée de gai savoir, apporter de la connaissance sans se prendre au sérieux », confirme Michel L’Oustalot, l’enthousiasme en bandoulière. Avec une bande d’amis, il ont lancé voilà deux ans le prix littéraire Alexandre Desrousseaux, qui récompense des nouvelles consacrées à Lille. Puis créé le prix Simons, pour les patoisants. 

Entre deux considérations sur la beauté de Venise, sa deuxième ville de cœur, Michel L’Oustalot évoque ses autres combats. « L’écologie, depuis très longtemps. Ah, et puis, j’ai été un fervent militant du MLAC, le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception ». Et de raconter, avec émotion, ces années-là aussi.

Par Elodie De Vreyer
 (1) Editions Les Lumières de Lille



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