La vie revient dans la Deûle

Depuis dix ans, grâce aux bons gestes de la Ville, la biodiversité fait son retour dans la rivière lilloise...

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Quand il a commencé voici dix ans ses premières explorations subaquatiques dans les eaux vertes de la Deûle, Florent Lamiot s’attendait au pire. Plongeant près de l’écluse du Grand carré après un épisode de pollution, cet écologue est tombé sur «un banc d’alevins en pleine santé ». Lillois de naissance, il se souvenait de l’époque où les stations d’épuration n’existant pas, les péniches naviguaient sous deux mètres de mousse polluée par les usines. « Je savais bien sûr qu’il y avait eu une nette amélioration, mais de là à retrouver toute cette vie subaquatique ! »

En lien avec Johann Tison, écologue de la Ville, Florent Lamiot, qui enseigne à la Catho et Lille I, commence à inventorier la faune et la flore qui refont leur apparition à Lille… Pour y découvrir gardons, perches et brèmes, prairies sous-marines mais aussi  des organismes filtreurs comme les éponges d’eau douce ou la cristatelle, des animaux vivant en colonie de la forme d’une chenille. Parmi les surprises, il y a aussi ce champignon aquatique à lamelles, jamais identifié ailleurs semble-t-il. « On a des espèces qui n’avaient plus été trouvées à Lille depuis 250 ans », insiste Florent Lamiot, dont les premières images filmées suscitent l’enthousiasme sur les réseaux sociaux.

Les efforts de Lille pour la biodiversité

Pour Lise Daleux, adjointe à la politique de l’eau et à la biodiversité, ce fragile miracle récompense l'action municipale. « La Deûle bénéficie depuis quelques années d’un apport régulier d’eau propre, celle qui affleure sous le Palais des beaux-arts. Et elle n’est plus polluée par nos produits phytosanitaires puisque nous n’en utilisons plus dans les parcs, jardins et espaces publics. »

C’est l’amorce d’une renaissance qui reste néanmoins fragile et ponctuelle, comme le confirme Florent Lamiot. « La situation est meilleure dans les endroits interdits de navigation, ou en aval des écluses où l’eau est plus oxygénée… La chair des poissons reste néanmoins chargée des métaux lourds pris dans les sédiments ».

Un projet participatif original

La Ville, qui dispose déjà d’un observatoire de la biodiversité terrestre, souhaite désormais répertorier avec l’enseignant écologue la biodiversité aquatique. Un robot subaquatique pourrait lui faciliter la tâche. Florent Lamiot et ses étudiants ont baptisé le projet « Ch’ti Plouf » et avaient lancé en 2017 un financement participatif. Chacun est invité à participer à ce projet collaboratif, qui devrait associer des écoles, des fablabs ou encore l’Agence de l’eau. 

 Crédit photo : Florent LAMIOT



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