Laura et Nour, la recherche au féminin

Elles sont chercheuses, elles sont lilloises (d’origine ou d’adoption) et elles ont reçu le prix Jeunes Talents L’Oréal-Unesco.

Nour El Houda Mimouni, à gauche, et Laura Monk, à droite. © Jean-Charles Caslot, Fondation L'Oréal.

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L’une a grandi à Lille et se trouve aujourd’hui en Allemagne pour un an, après avoir soutenu sa thèse en septembre. L’autre n’a pas vu le jour dans la capitale des Flandres mais elle y vit depuis cinq ans après avoir rejoint le laboratoire de développement et plasticité du cerveau neuroendocrine au CHU de Lille.

Laura Monk et Nour El Houda Mimouni ont reçu, en octobre dernier, le prix Jeunes Talents L’Oréal-Unesco pour les Femmes et la Science. « Les femmes sont toujours marginalisées dans un univers très masculin », remarque Alexandra Palt, directrice générale de la Fondation L’Oréal. Elles peuvent être « confrontées à des remarques sexistes lors de colloques, désavantagées dans les publications ou reléguées au second plan derrière leurs collègues masculins ».

Des surfaces et un syndrome !

Cette récompense est donc un gage de soutien et d’encouragement pour les 35 femmes primées, sur 700 candidatures. Elles sont originaires du monde entier, et engagées dans des champs aussi variés que la médecine, l’astronomie, la physique ou l’informatique.

Les travaux de Laura Monk relèvent des mathématiques fondamentales. Elle étudie précisément les surfaces aléatoires, « un exercice très abstrait, plein de dessins et de formules avec des chiffres et beaucoup de lettres », s’amuse-t-elle. Ses recherches sont en lien avec l’acoustique, en particulier avec les notes de musique.

Quant à Nour El Houda Mimouni, elle s’attache à développer des traitements contre le syndrome des ovaires polykystiques. « Il s’agit d’un dérèglement hormonal dont l’origine peut être les ovaires, le cerveau, ou les deux », explique-t-elle, « il touche une femme sur dix dans le monde et représente la première cause d’infertilité féminine ». Leur travail, en équipe, va permettre de lancer prochainement des essais cliniques, une première mondiale !

Plus grande, je serai…

Les deux jeunes chercheuses se sont toutes deux passionnées très jeunes pour les sciences. « J’étais très curieuse et voulais toujours savoir comme ça marche », se rappelle Nour, évoquant en riant un tour sur un carrousel pendant lequel elle essayait de comprendre comment le cheval monte et descend. C’est une visite à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris qui lui fait dire, à six ans : « plus grande, je serai chercheuse » !

À l’école, Laura trouvait que les maths, « c’était facile et rigolo » ! Cet enthousiasme pour la discipline ne l’a plus jamais quittée. Après une classe préparatoire post-bac en mathématiques et physique, elle décide d’intégrer l’École Normale Supérieure à Paris, pour être formée à la recherche et à l’enseignement.

« Il n’y avait que trois filles sur quarante, je ne me sentais pas à ma place, j’avais le syndrome de l’imposeur », se rappelle-t-elle. Pas question d’abandonner pour autant ! Inspirées par plusieurs modèles féminins, c’est à l’Institut de recherche mathématique avancée, à Strasbourg, qu’elle a poursuivi pour passer sa thèse.

Encourager les filles

Si Nour n’a pas connu le syndrome de l’imposteur lors de sa licence en biologie du développement, suivie d’un double master en neurosciences et en reproduction, elle n’en est pas moins très attachée à la place des femmes dans la science. « Il faut encourager les fillettes qui en ont envie mais qui hésitent à suivre des études scientifiques » ! Elle a d’ailleurs adhéré à l’association Femmes & Sciences qui promeut les carrières scientifiques auprès des jeunes filles et valorise les femmes dans ces mêmes carrières.

Laura aussi souhaite mettre fin à l’autocensure et au manque de confiance de certaines femmes désireuses de choisir les sciences. Elle a organisé deux éditions du « rendez-vous des jeunes mathématiciennes » qui permettent à des lycéennes d’assister à des conférences animées par des chercheuses.

« Recevoir le prix L’Oréal-Unesco, c’est un grand honneur », affirme Nour, « c’est aussi une belle opportunité pour promouvoir mes travaux et pour accéder à certaines formations ». La récompense s’accompagne d’un soutien financier. De quoi « acquérir un ordinateur et partir à la rencontre d’autres spécialistes internationaux pour présenter mes sujets de recherche », pour Laura.

Par Valérie Pfahl



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