Le P'tit Quinquin retrouve sa poupée

Dans les réserves du Musée de l’Hospice Comtesse dormait la poupée bercée par Alexandre Desrousseaux, auteur de L’Canchon dormoire. Une découverte aussi inattendue que notable.

Vincent Laden, chargé de collections, présente la poupée du P'tit Quinquin.
Vincent Laden, chargé de collections, présente la poupée du P'tit Quinquin.

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Du haut de ses 70 centimètres, ses yeux de verre plantés dans un visage en porcelaine pourraient presque paraître malicieux. Comme si elle s’amusait de l’espièglerie ! Car cette poupée qui dormait dans les réserves du Musée de l’Hospice Comtesse n’avait pas dévoilé sa célébrité jusqu’à récemment. Elle avait perdu son numéro d’inventaire et attendait que les spécialistes se penchent sur son identité dans un futur indéterminé.

Un intérêt historique !

Mais voilà que Patrick Desdoit, historien local, à la recherche d’un objet bien particulier, contacte le musée.  Il est en quête de la poupée d’Alexandre Desrousseaux. Celle que son fils, le député Bracke-Desrousseaux, tient dans ses bras dans le journal « Points de vue et images du monde » de 1953. « Lorsque j’ai vu la photo, j’ai reconnu la poupée que nous avions dans nos réserves sans avoir pu encore l’identifier », s’enthousiasme Vincent Laden, chargé de collections.

Et l'assistant de conservation au Musée de l’Hospice Comtesse de raconter : « un dimanche de 1853, Alexandre Desrousseaux, chansonnier lillois à la gloire montante, se trouve dans un estaminet rue de Gand. Les clients lui demandent un air de son répertoire. Pour la première fois, il entonne le P’tit Quinquin qu’il a composé cette année-là. Et pour la mise en scène, il demande à la fille de la tenancière du café de lui prêter sa poupée pour qu’il la  berce ».

Encore un mystère...

Si on sait aujourd’hui où se trouve cette poupée, un mystère demeure ! L’auteur de L’Canchon dormoire l’avait empruntée à une fillette. Or, il semblerait qu’il ne lui ait finalement pas rendue. Vincent Laden a donc décidé d’essayer de lever le voile, peut-être en retrouvant un descendant d’Alexandre Desrousseaux. Autre piste : celle de l’association des amis des musées  qui avait l’objet  en sa possession avant d’en faire don à l’Hospice Comtesse en 1973.

La poupée du P’tit Quinquin a donc sans doute encore quelques secrets à dévoiler ! Peut-être l’aura-t-elle fait à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Desrousseaux qui a vu le jour rue Saint-Sauveur le 1er juin 1820…

Par Valérie Pfahl



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