Les "fabuleuses années 70" de Lucienne et Chantal

Au début des années 70, l'après Mai 68 prend des airs de rébellion contre le vieux monde. Lucienne et Chantal racontent leurs contestations et leurs espoirs de jeunes lilloises à l'époque dans un livre "Le vent se lève".

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Elles sont nées à Wazemmes. Lucienne Cluytens a vu le jour rue des Sarrazins, dans une famille d’ouvriers, du côté de l’actuelle maison Folie. Chantal Lebecq a ouvert les yeux rue des Pyramides, dans un milieu de notables du secteur Saint Michel.

Elles ne se connaissaient pas dans les années 70 mais c’est ensemble qu’elles racontent cette époque dans "Le vent se lève", un livre tout récemment publié (*). Chacune à leurs façons, liées à leurs envies et à leurs convictions d’alors, elles ont fait partie de la mouvance à la fois contestataire et communautaire entre 1971 et 1978. 

Lucienne s’est reconnue dans les mouvements écologistes d’alors. « J’ai écouté les idées et j’ai adhéré », résume-t-elle. À l’époque, le père de son héroïne les qualifiait de « clique de marginaux anarchistes, sales, dégénérés, drogués et fainéants qui pourrissaient la jeunesse ». Si le regard a changé, « cinquante ans plus tard, ce sont toujours les mêmes discours pour protéger la planète, mais dans les années 70, personne ne nous écoutait », se souvient la septuagénaire.

Deux histoires, deux regards

Chantal avait le regard fixé sur les USA, sur les courants musicaux et l’esprit « peace and love ». Elle s’est installée avec d’autres jeunes rue de la Halloterie, dans le Vieux-Lille, où il y avait « toujours de la musique et des musiciens. C’est l’âme de la maison ». Elle-même s’est mise par hasard à la flûte traversière qui était « à l’honneur dans le paysage musical anglo-saxon ». Aujourd’hui encore, elle manie cet instrument au sein du groupe folk « la cour des miracles » créé voilà cinquante ans.

Les deux jeunes Lilloises d’alors n’étaient pas du même milieu et ne s’étaient pas encore croisées puis liées d’amitié mais elles avaient en commun cette même aspiration : sortir d’un univers familial étriqué où les jeunes n’avaient pas la parole, qu’ils soient issus d’un foyer modeste ou bourgeois.

Lucienne et Chantal ont choisi un mode de narration différent pour croiser leurs récits de façon chronologique. La première, par ailleurs déjà auteure d’une dizaine de polars, a recueilli de nombreux témoignages puis inventé des personnages fictifs pour romancer l’histoire de ces années-là à Lille. La seconde, novice en écriture, raconte ses souvenirs personnels à la même période et au même endroit.

(*) "Le vent se lève", de Lucienne Cluytens et Chantal Lebecq. Éditions Gilles Guillon, 17 euros.



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