Les petits secrets… d’une faune préservée

Pour protéger et reconquérir la biodiversité, la Ville de Lille déploie des études et des aménagements depuis plus d'une quinzaine d'années. La présence de certaines espèces animales illustre ces efforts. Rencontre avec quatre d'entre elles.

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L’abeille Andrène vagabonde 

Elle adore le sable chauffé par le soleil ! C’est là qu’elle pond ses œufs, de préférence. Sinon, elle utilise les zones de terre sans végétation. Quand elle creuse son terrier dans les pistes et allées en bord de Deûle, elle se retrouve souvent écrasée par des vététistes ou des joggeurs qui ne la remarquent pas.

La Ville a donc décidé de créer des poches de sable (de carrière) sur les talus, à l’abri des roues et des pieds. À 80 cm de profondeur, l’Andrène vagabonde aménage alors de petites « chambres » dans lesquelles elle dépose alternativement un œuf et une boule de pollen. L’espèce a aussi besoin des fleurs de saules dont elle nourrit ses larves. La Ville a donc planté tout un linéaire de ces arbres le long de la Deûle, qui ont d’ailleurs l’intérêt de nourrir jusqu’à 520 espèces différentes d’insectes ! Grâce à ces aménagements et à quelques autres, au moins 120 espèces d’abeilles ont élu domicile à Lille.

Le martin-pêcheur

Oiseau au plumage bleu et orange, le martin-pêcheur se retrouve dans une situation vulnérable au niveau national : en cause, la disparition des zones humides et la dégradation de la qualité de l’eau alors qu’il se nourrit de petits poissons. La Ville a choisi de lui créer des sites de nidification aux bords des canaux de la ville. Il n’y déposera ses œufs que si la paroi est inclinée à 90° ou en surplomb de l’eau, histoire que les rats d’égout ne puissent pas venir dévorer la couvée. Aujourd’hui au nombre de sept, ces abris peuvent donc accueillir sept couples, l’espèce, très territoriale, ne partageant pas son espace ! Pour le moment, quatre couples ont pu être observés à Lille.

L’écureuil roux

Présent dans les espaces verts lillois jusque dans les années 90, il avait quitté la ville, ne trouvant plus ce dont il avait besoin pour vivre. Mais il n’était pas bien loin, à Lambersart précisément, rassasié par les noisettes et les noix présentes sur le territoire. En 2006, la Ville de Lille a commencé à planter 900 noisetiers. Aujourd’hui, elle élargit encore le « menu » des petits mammifères avec des châtaigniers, des noyers et même des pacaniers (noix de pécan), si bien que trois d’entre eux ont eu envie de franchir la Deûle ! En partenariat avec des villes voisines, l’équipe municipale va mettre en place cinq écuroducs, au-dessus des canaux et des voiries, permettant à l’écureuil roux d’aller d’un point à un autre sans danger. Constitués de grosses cordes toujours tendues, ces écuroducs seront installés d’ici la fin de cette année.

Les demoiselles

Certaines de ces frêles libellules avaient disparu au siècle précédent. Elles ont besoin d’une eau de bonne qualité pour y rechercher les insectes dont elles se nourrissent et des plantes à la surface de l’eau afin d’y pondre. Des espèces devenues rares, comme la naïade aux yeux bleus, la naïade aux yeux rouges, la naïade au corps vert et la petite nymphe à corps de feu sont de retour à la Citadelle, plus précisément sur la Moyenne Deûle. Explication : la Ville a réintroduit, le long de l’Esplanade, des nénuphars jaunes au-dessus desquels les libellules voltigent pour happer moucherons ou autres moustiques mais surtout pour y installer leur future progéniture. 

Par Valérie Pfahl

Chauve-souris, hérisson, papillon, faucon ou criquet

Lillemag aurait pu présenter les petits secrets de bien d’autres espèces que la Ville s’attache à protéger. « Chaque année, nous travaillons sur une vingtaine d’espèces dont dix de façon plus pérenne, précise Pierre Posmyk, conseiller municipal chargé de la biodiversité. La Ville a notamment entrepris de gros efforts pour ramener de la biodiversité dans les zones humides de notre territoire. »



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