On se rend compte de la force de l’hôpital public

Dans la série "Ils ou elles font Lille", Patrick Goldstein, chef des urgences du CHU de Lille et du Samu 59 raconte comment il a vécu la crise sanitaire liée à la Covid-19. Seconde rencontre d'une série de huit. 

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Acteur de première ligne pendant la crise sanitaire liée à la Covid-19, Patrick Goldstein admet avoir été surpris par l'intensité et la brutalité du virus. « Je n'avais jamais vu ça. Le nombre de patients atteints et la mécanique de ce virus qui touche l'appareil respiratoire mais aussi vasculaire... Ça a été un saut brutal dans un inconnu épidémiologique. »

Il attendait le virus plus tôt, début mars. Les équipes étaient prêtes, les structures hospitalières organisées avec des lits réquisitionnés et certaines opérations de patients déprogrammées.

Quand le virus a frappé, en moins de 48 heures, il a fallu s'adapter, être réactif et faire preuve d'inventivité pour trouver des solutions rapidement. Ainsi, 250 étudiants en médecine sont-ils venus prêter main forte au centre d’appel du Samu débordé.

Les hôpitaux publics et privés ont travaillé de concert. Le monde de l'industrie s'est mobilisé avec la fabrication des masques Garridou imaginés par des médecins du CHU, des blouses ou encore des respirateurs.

« Nous avons fait face grâce à cette véritable armée en mouvement contre un ennemi invisible. » Des infirmières aux aides-soignantes, des brancardiers aux agents administratifs, chacun a eu un rôle déterminant dans l'organisation de cette "résistance" collective avec l’envie de s’en sortir. 

« C’est dans ce genre de situation, qu'on se rend compte de la force de l'hôpital public et on est heureux de l'avoir, même si on le critique, commente Patrick Goldstein. Aujourd'hui, je peux dire que je suis fier d'y travailler. »

Patrick Goldstein compte maintenant sur l'organisation de retours d'expériences. Ils serviront à mettre en place des procédures pour l'avenir. L’urgentiste espère aussi que la France retrouve une indépendance de production de médicaments et de matériels. « Parce que si le XXe siècle a été celui des bactéries, je crains que le XXIe siècle ne soit celui des virus. »

 

Par Sabine Duez



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