Osez le féminisme : une course et des batailles

La course, c’est jusqu’au 6 décembre pour soutenir la lutte contre les violences faites aux femmes. Et les batailles, c’est au quotidien pour que l’égalité des droits ne soit pas qu’un texte de loi !

Départ de la course pour dire "stop aux violences faites aux femmes" en 2019. En raison du contexte sanitaire, l'événement prend une autre forme pour cette édition 2020.
Départ de la course pour dire "stop aux violences faites aux femmes" en 2019. En raison du contexte sanitaire, l'événement prend une autre forme pour cette édition 2020. © Maxime Delobel

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Il est question à la fois de courir seul et ensemble. Seul, car en raison du contexte sanitaire, il est impossible de se retrouver à plusieurs milliers. Et ensemble, car la cause est commune : sensibiliser à l’égalité femmes-hommes et collecter des fonds qui seront reversés à des associations aidant les femmes victimes de violences.

Gros succès l’année dernière avec 4000 inscrits ! « Nous avions voulu proposer un rassemblement différent, capable de mobiliser davantage d’hommes », précise Nathalie Niedzwialowska, l’une des membres du conseil d’administration d’Osez le féminisme, association à l’initiative de l’événement aux côtés du Lille Métropole Athlétisme. Car l’idée n’est pas du tout de rester entre femmes !

« Au contraire, nous voulons associer les hommes au féminisme, souhait qui consiste, pour nous, à percevoir qu’il existe des inégalités entre les femmes et les hommes et à agir pour que cela change », explique Nathalie.

39 190 kilomètres !

À l’occasion du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, chacun est donc invité, jusqu'au 6 décembre, à marcher ou courir pour dire stop à cette violence.

Tout en respectant la limite d’une heure par jour et d’un kilomètre autour de chez soi, le challenge est individuel  afin d'atteindre tous ensemble 39 190 kilomètres, en référence au 3919, numéro d’écoute national Violences Femmes Infos.

Le féminisme n’est pas qu’une histoire de femmes, il concerne la société toute entière. « Les droits des femmes ne sont pas à géométrie variable, ils sont les mêmes qu’importe l’origine, la culture, la religion ou la catégorie sociale », affirme l’association dans ses valeurs.

À Lille depuis 2011

Osez le féminisme est née en 2009, à l’initiative de quelques femmes inquiètes des coupes financières alors annoncées dans le budget du Planning familial. Cette réforme aurait notamment limité l’accès à l’avortement. L’association, lancée à Paris, a fait des petits depuis. Une trentaine d’antennes ont essaimé dans les régions, dont une à Lille, ouverte en 2011.

Nathalie Niedzwialowska les a rejoint en 2015, convaincue par les engagements laïc, apolitique, antiraciste, féministe bien sûr, englobant aussi le combat pour abolir la prostitution.
L’antenne lilloise travaille autour de plusieurs axes. Elle relaie les campagnes nationales, comme « wagon sans couillon » pour stopper les agressions masculines dans les transports en commun ou « viol, la honte doit changer de camp », pour marteler que la femme victime n’est jamais coupable d’un viol qui n’est pas une fatalité mais bien un crime.

Prévenir le sexisme

Elle est aussi régulièrement sollicitée par des enseignants, des étudiants, des lycées et s’engage aux côtés de la Ville lors des grands rendez-vous du 8 mars et du 25 novembre. Elle organise également des réunions mensuelles (*) ouvertes à toutes et tous pour s’informer et débattre. Puis pour diffuser une culture de l’égalité entre les femmes et les hommes, car « il faut encore faire beaucoup de pédagogie », remarque Nathalie.

Elle estime que « la sensibilisation est essentielle pour déconstruire les clichés et les stéréotypes d’une société toujours patriarcale ».  Et cette éducation doit commencer très tôt pour prévenir le sexisme et donc les violences qui en découlent.

« Considérer la femme comme inférieure conduit au harcèlement de rue, à la prostitution, aux violences conjugales, au viol et aux autres formes de violences dont sont victimes des femmes parce qu’elles sont des femmes ».

Par Valérie Pfahl

(*) en suspens pendant la crise sanitaire du Covid.

Victime ou témoin de violences conjugales ou intra familiales, ​en cas d'urgence appelez le 17  ou envoyez un sms au 114, pour être informé.e ou orienté.e, appelez le 3919

Victime ou témoin de violences conjugales ou intra familiales, en cas d'urgence, appelez le 17 ou envoyez un sms au 114. Pour être informé.e ou orienté.e, appelez le 3919

Violences conjugales et familiales : que faire ? 



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