Patricia « rép’art » la rue

Dans sa maison à Wazemmes, les murs de Patricia Zygomalas retracent vingt-cinq ans de création personnelle. Des paysages de l’âme colorés de ses débuts aux mosaïques d’ardoise, ou selon la lumière, les œuvres changent. 

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La poésie urbaine de Patricia Zygomalas (ép. 1)

Durée: 01:00

Patricia a toujours créé de ses mains. « Ça a commencé par les vêtements, pour obtenir exactement ce que je voulais. » Puis ça a continué avec la mosaïque. « Mon père était marbrier. Enfant, j’avais de la matière à disposition ! » Si la création et la restauration sont ses activités principales, Patricia est aussi une street artiste qui partage son art avec les autres. Une vingtaine de spots, essentiellement dans son quartier, portent sa marque. Des petites fleurs en mosaïque poussent çà et là à la place d’un pavé manquant, d’une fissure dans la chaussée ou sur une fenêtre aveugle.

« Je ne démonte rien, je ne fais que réparer. Je comble avec des fleurs parce que ça met de la couleur dans la grisaille des rues et puis les fleurs, ça plaît à presque tout le monde », explique celle qui a reçu le titre de Meilleur Ouvrier de France en 2000 dans la catégorie mosaïque d’art. Une démarche basée sur le partage. Comme un cadeau qu’elle offre aux passants. « Je ne voulais pas que ce soit gigantesque mais plutôt quelque chose que l’on découvre du coin de l’œil, comme un appel à sourire. » Patricia prépare les cœurs et les pétales dans son atelier et n’a plus qu’à les poser une fois sur place.

« En extérieur, je travaille le grès, ça ne glisse pas, c’est très solide et ça résiste bien aux intempéries. » À la différence des céramistes, elle utilise des matériaux qui ont eu une première vie. Ils sont d’abord fragmentés à l’aide de pinces et de marteaux, puis les éclats recomposés en décors. « Initialement, c’est ce que faisaient les Romains pour les revêtements de sols et de murs. Je suis constamment à la recherche de matériaux, on m’en rapporte aussi. Je les travaille tous, exceptés les galets trop dangereux à la découpe. J’aime cette multiplicité. » Investie dans son quartier, Patricia intervient dans le cadre des Fenêtres qui parlent ou avec les jeunes de la maison de quartier pour revisiter les entrées d’immeubles façon Andy Warhol. Sa dernière idée : convaincre les organisateurs du Tour de France ou du Paris-Roubaix de mettre quelques-unes de ses touches colorées sur un secteur pavé en cours de restauration. L’appel est lancé !

Par Sabine Duez

La carte de vœux 2022 du maire de Lille s’inspire d’une des mosaïques de Patricia Zygomalas, située à l’angle des rues Littré et des Postes sur une fenêtre aveugle.

>À découvrir, la cartographie « Parcours à la recherche des fleurs en mosaïque » sur le site http://mozaique.lille.free.fr avec les photos avant et après.

  • Mosaïque sur le trottoir de la rue St Eloi
  • Atelier Mosaïque street art
  • Mosaïque au sol rue Bourignon
  • Mosaïque angle rue Littré et rue des Postes
  • Mosaïque murale rue de Flandres
  • Atelier mosaïque street art
  • Atelier mosaïque street art

La poésie urbaine de Patricia Zygomalas (ép. 2)

Durée: 01:00


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