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Plan de déplacements : des précisions

En réponse à des articles récents parus dans la presse, l’adjoint aux déplacements, Jacques Richir, a souhaité rappeler les objectifs et résultats du Plan de déplacement lillois.

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L'adjoint aux déplacements, Jacques Richir, rappelle les objectifs, moyens et premiers résultats du Plan de déplacement dans un courrier envoyé vendredi 9 novembre au directeur de publication de La Voix du Nord suite à un article publié le 4 novembre.

« Avant de répondre sur le fond de ce que nous avons souhaité en mettant en place le nouveau plan de circulation – puisque c’est l’objet de votre article –, et les résultats que nous avons obtenus, je voudrais d’abord interroger la méthodologie employée pour réaliser votre « enquête ».

Vous aviez déjà publié un document réalisé par Madame Natier et la FICOMEL qualifié de « sondage ». Il n’en respectait pourtant ni les conditions de réalisation, ni la représentativité de la population, n’étant d’ailleurs pas fait par un institut de sondage. Les instituts de sondage qualifient ce genre de pratique de « micro-trottoir téléphonique ». Cela ne vous a pas empêché de le relayer largement, sans questionner à aucun moment la réalité des réponses obtenues avec une méthode contestable, alors que certains de vos confères l’ont fait, notamment ceux de 20 minutes.  

À la lecture de l’article de ce dimanche et de la méthodologie ayant servi de base à l’enquête, je comprends mieux que nous n’ayez pas réagi à celle de la FICOMEL car la méthodologie retenue pour votre enquête me paraît être de même nature et donc tout autant contestable. Alors que l’un des articles s’intitule « Les Lillois (et les autres) le vivent plutôt mal », il apparaît dans la méthodologie que seules 11% (ou 8%, puisque le chiffre varie selon les pages…) des personnes sont originaires de Lille, sans qu’on en connaisse la répartition et dont on découvre que ce sont ceux qui ont accepté de répondre. Vous comprenez bien, dès lors, que la représentativité est loin d’exister.

En revanche, à notre grande surprise - car il n’en est pas fait état dans l’article mais seulement dans la méthodologie que nous avons réclamée -, nous découvrons que 60% des personnes qui ont accepté de répondre sont originaires du Hainaut, de l’Artois et du Littoral. Pas étonnant qu’ils déclarent faire peu souvent leurs courses à Lille. Bien que nous sommes toujours ravis d’accueillir dans notre ville nos voisins du Nord et du Pas-de-Calais, vous reconnaîtrez, cependant, qu’ils n’ont aucun rapport avec l’intitulé de votre article censé cibler les personnes directement concernées par notre plan de circulation.

Par conséquent, quelle valeur donner à votre « étude », dès lors que plus de la moitié des répondants n’a pas ou peu de liens avec l’objet de l’étude que vous présentez ? Il eût été plus sérieux de regarder les faits.

Dans le même dossier sur le plan de circulation, un autre article s’intitule « la ville a-t-elle atteint ses objectifs ? ». Comme vous ne le faites pas et ne l’étudiez pas, je me permets de vous les rappeler. Nous avons mis en place le plan de déplacement à la rentrée 2016 avec 4 objectifs majeurs :

  • Apaiser la circulation et dissuader le trafic de transit à l’échelle du centre-ville
  • Favoriser un meilleur partage de l’espace public
  • Faciliter le stationnement et l’accès aux parkings souterrains
  • Réduire la pollution dans le cœur de ville.

Alors que chaque jour ou presque, de nouveaux rapports sont publiés par les plus hautes autorités internationales démontrant qu’il y a une urgence absolue à agir et à agir fortement pour lutter contre le réchauffement climatique, alors que chaque jour nous exposons nos enfants et nos familles à une pollution atmosphérique qui reste élevée dans la Métropole même si elle reflue quelque peu ces dernières années, alors aussi que le patrimoine remarquable du cœur de ville était chaque jour confronté au risque d’une dégradation accélérée par la fréquentation très forte de véhicules qui traversaient Lille sans avoir rien à y faire, nous avons décidé avec Martine Aubry et les élus de la majorité municipale de prendre le sujet à bras le corps et de faire en sorte qu’au XXIè siècle, un meilleur partage de l’espace public soit possible face à un modèle qui a si longtemps privilégié le tout voiture.

Ce faisant, nous avons pris notre responsabilité pour répondre aux objectifs fixés par le plan de déplacement urbain (PDU) de la Métropole européenne de Lille qui – je le rappelle – a été voté par tous les élus métropolitains, quelles que soient leurs sensibilités politiques. Le PDU fixe, en effet, des objectifs de rééquilibrage des modes de transport en faveur des transports en commun et des mobilités douces. Il est ainsi prévu d’augmenter d’ici 2020 la part des déplacements à pied de 31% à 35% ; d’augmenter la part des déplacements en vélo de 2% à 10%, celle des transports en commun de 10% à 20% et de réduire corrélativement la part des déplacements en voiture de 56% à 35%. Ces objectifs sont aujourd’hui loin d’être atteints à l’échelle de la Métropole.

Or, comme il est observé dans le rapport de la mission d’information et d’évaluation du PDU 2010-2020 diligenté par la MEL en 2017 sous la présidence de Daniel Janssens et dont Gérald Darmanin puis Régis Cauche furent rapporteurs, la Ville de Lille est la seule commune de la MEL à avoir formalisé un plan de circulation propre à répondre aux objectifs du PDU.

Le rapport relève également les premiers effets positifs du plan de circulation lillois, pointant notamment des effets sur l’intensité sonore en cœur de ville, avec, par exemple, une baisse de 10% des décibels sur le secteur de la Grand’Place ou encore une baisse du bruit constaté sur la rue Nationale. De la même manière, il a été observé un rééquilibrage entre les différents modes de transport en faveur des modes doux. Selon l’étude ADAV – CEREMA du premier trimestre 2018, l’usage du vélo est en augmentation de 39% entre le premier trimestre 2015 et le premier trimestre 2018.

Par ailleurs, dès les premiers mois de mise en œuvre du plan de circulation, la fréquentation des bus sur Lille et la première couronne a augmenté de 23% et celle du métro dans les stations lilloises de 8,9%. Conformément à l’objectif recherché par le nouveau plan de circulation, le trafic de transit qui traversait le cœur de ville, a diminué fortement.  

Pour éviter aux voitures de circuler longuement dans la ville pour trouver une place, nous avons aussi amélioré l’accès au stationnement et aux parkings souterrains à l’appui d’une meilleure signalétique et d’un jalonnement dynamique renforcé. Là encore, les objectifs sont atteints. A l’exception du parking Grand Place (ce qui était prévisible en raison du report du trafic automobile), l’ensemble des parkings en ouvrage du centre-ville ont vu leur fréquentation augmenter. Entre le premier trimestre 2015 et le premier trimestre 2018, la fréquentation du parking Euralille a progressé de 9,5%, celle du parking Grand Palais de 8,5%, celle du parking Opéra de 8,5% également, celle du parking République de 9%, et celle du parking Nouveau Siècle de 9% suite aux travaux que nous avons menés avec la MEL pour créer une nouvelle bretelle d’accès direct depuis le Boulevard de la Liberté et la rue de Tenremonde.

De même, la fréquentation des parkings en surface est en hausse, sans compter les innovations que nous avons mises en place en concertation avec les commerçants pour le déploiement des places Shop & Go sur la rue Gambetta, la rue des Poissonceaux et récemment la rue Basse à l’issue des travaux de rénovation de cette rue.

Difficile en conséquence de continuer à colporter la contrevérité d’une ville où l’on ne pourrait plus accéder et où les gens ne viendraient plus. Les chiffres du trafic sur les axes entrants vers Lille entre 2015 et 2018 démontrent d’ailleurs tout le contraire. Ils sont globalement stables et indiquent même un trafic en augmentation pour les véhicules en provenance du Grand Boulevard ou de la rue du Faubourg de Roubaix.

Voilà quelques éléments, parmi d’autres, que l’on aurait aimé retrouver dans une étude faite sérieusement sur le sujet.

Avec Martine Aubry et les élus de la majorité municipale, nous maintenons qu’il est impératif de faire évoluer les modes de déplacement pour une ville plus apaisée et plus respirable. C’est un enjeu de santé publique tout autant qu’une réponse au défi de la transition écologique qu’il n’est plus possible pour personne de nier et qui appelle une prise de conscience collective.

C’est, d’ailleurs, la raison pour laquelle le Maire a réitéré en septembre dernier auprès du Préfet sa demande d’une limitation à 70 km/h de tout le périphérique, comme à Paris et Lyon, et qu’il soit de surcroît interdit aux poids lourds d’y circuler entre 7h et 8h30 le matin et entre 17h et 19h le soir.

C’est également dans le même esprit que la Ville de Lille a construit sa candidature pour être Capitale verte européenne. Dans le cadre de notre candidature, nous souhaitons prolonger par de nouvelles mesures les bénéfices du plan de circulation : entre autres, limitation de la vitesse à 30 km/h dans toute la ville à l’exception des axes structurants constitués par le « pentagone lillois », mise en place d’un plan de développement des micro-mobilités, poursuite du développement de la logistique du dernier kilomètre pour les livraisons avec des modes de transport doux, ou encore expérimentations de piétonisations temporaires.

Enfin, quant à l’attractivité de la ville, vous êtes bien placés pour observer les flux de consommateurs et de visiteurs dans notre ville, en particulier en fin de semaine, et j’imagine que vous avez analysé les deux rapports du Procos et de l’Alliance du commerce montrant que le commerce à Lille se porte globalement mieux que dans les autres villes de sa strate. Le taux de vacance - faible, autour 5% - le montre abondamment. Cela ne nous empêche pas de vouloir aller plus loin encore, par exemple en préparant une Market Place pour les commerçants lillois.

Comme vous le voyez, notre détermination à être à la hauteur des défis qui sont devant nous est totale et nous regrettons qu’un grand quotidien régional comme la Voix du Nord ne semble pas prendre toute la mesure des enjeux de notre temps.

Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur de la publication, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.



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