Portrait de bénévole : Camille, l’Amour à la machine.

Dans sa vie habituelle, Camille est modéliste chez Décathlon, fan de shopping et des bières en terrasse. Dans sa vie confinée, Camille monte des sur-blouses au CHU de Lille - après avoir cousu des masques Garridou pour les soignants. 

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© Kévin Faroux

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« Quand tu es modéliste, tu as fait une formation (BEP, BAC PRO, BTS…) où tu apprends à coudre et tu pratiques plus ou moins au quotidien dans ton travail. C’est un savoir-faire qui n’est plus maîtrisé par tout le monde,et peu valorisé. On était confinés depuis 10 jours, j’avais besoin de concret, de faire. Alors quand j’ai vu que j’avais cette compétence qui devenait tout à coup nécessaire, j’y suis allée, évidemment ! D’ailleurs si on m’avait dit en cours de couture qu’un jour, ça me servirait à sauver des vies et faire des masques et des blouses, je crois que j’aurai ri », explique la jeune femme.

Camille a le regard qui pétille, et malgré le masque qui lui cache la moitié du visage, on ressent aisément la fierté et l’enthousiasme qui l’animent. Depuis 15 jours, elle fait partie des 66 couturier(e)s qui ont investi l’atelier centralisé de l’institut Gernez Rieux. Chaque jour, ils produisent 2 000 sur-blouses destinées à protéger les soignants. 

« Dans ma vie habituelle, je travaille pour l’industrie textile qui est la 2ème industrie la plus polluante au monde… Évidemment ça me questionne », avoue-t-elle. Coudre des sur-blouses, c’est lutter contre le Covid mais c’est aussi se réapproprier le temps. Se libérer du temps pour autre chose, qui procure plus de bien, pour soi, pour les autres. Et avec les autres.

« Tu croises des gens et tu papotes parce que tu es sur ta machine à coudre et que tu as du temps. C’est comme rencontrer quelqu’un dans un covoiturage, c’est hyper enrichissant : ce sont des gens qui passent. C’est une forme de relation différente. Parfois tu te livres plus à ton covoit’ qu’à tes potes », assure-t-elle.

Parce que oui, si cette situation inédite pousse chacun à agir, c’est dans le collectif que ce mouvement prend toute sa force : « Aujourd’hui, mon travail bénévole est favorisé par d’autres, qui se sont mobilisés pour orchestrer l’ensemble, communiquer, assurer la logistique et l’organisation. C’est un mouvement général qui facilite tout. Moi, seule, j’aurai beau avoir envie de faire, je n’irai pas bien loin. Demain, il faut que ça continue collectivement », déclare-t-elle.

Dans sa vie habituelle, Camille est modéliste dans une grande enseigne de sport. Dans sa vie confinée, elle est la pièce indispensable d’un puzzle qui sauve des vies.

Texte de Louise Roussel. Un projet de portraits propulsé par le Souffle du Nord.



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