Portrait de bénévole : Delphine, sans limite

Dans sa vie habituelle, Delphine dirige une agence de communication événementielle. Dans sa vie confinée, elle est maîtresse d’école, photographie des mésanges, et monte des ateliers de confection de sur-blouses à destination des soignants.

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© Kévin Faroux

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« Ma vie confinée est bien remplie : j’ai beaucoup de travail administratif pour mettre en place le chômage technique et les déclarations de gardes d’enfants, je fais maîtresse pour une unique élève qui est ma fille et avec laquelle je fais aussi beaucoup de photos dans le jardin, pour lui faire découvrir la nature. On a des mésanges, des merles, on fait des photos des nids. Et puis, très vite, je me suis mise en action pour me rendre utile aux autres », explique la mère de famille.

Delphine a monté 3 ateliers de confection de sur-blouses en lien avec le CHU et l'association le Souffle du Nord, et travaille à l’ouverture de 2 nouveaux sites dès la semaine prochaine. Aujourd'hui, c’est ce qui occupe le plus clair de son temps. En moyenne 30 couturières travaillent chaque jour par atelier, pour confectionner jusqu’à 1000 sur-blouses de protection par jour. Delphine, c’est la facilitatrice : elle coordonne les équipes et la logistique, veille au déroulement des sites, et met en place les nouvelles équipes, en lien avec les équipes du Souffle du Nord et du CHU.

« Ce qui est génial, c’est que c’est comme un jeu de piste. C’est comme un événement ! C’est pas ce qu’on fait d’habitude mais c’est exactement la même chose parce que ce sont les mêmes clés : il faut faire des plannings, piloter, trouver les solutions, fabriquer un support pour dérouler un rouleau qui pèse 100kg et éviter que les filles se cassent le dos, faire de la logistique, de la communication… enfin tout ce que tu fais quand tu fais un événement », décrit-elle.

« Pour l’instant, le carnet de commande de ma société est presque vide, on n’a pas de visibilité sur la fin d’année. Ça peut avoir un côté plombant mais en même temps, on n’a pas le droit de baisser les bras. Alors quand tu penses à ça, tu te dis : « Qu’est ce que je vais faire demain? De quoi je suis capable ? ». Ça t’oblige à te mettre en réflexion très profonde sur tes actions, ce que tu vas faire demain, comment tu le feras et ce que tu peux proposer. Ça me questionne sur mon utilité. Et m’investir comme je le fais avec ces ateliers, ça me montre que je suis tout à fait capable de rebondir et faire autre chose. Ça va m’emmener ailleurs et peut être dans des choses qui auront beaucoup plus de sens pour moi.», avoue-t-elle.

« On était déjà en réflexion sur la manière de faire notre métier avec plus de valeurs. Cette situation exceptionnelle ne fait que remettre en perspective que cette quête de sens est bien là, et qu’il faut aller au bout de ce qu’on pense, sans se laisser déborder par notre quotidien. Il faut nous donner les moyens d’aller là où on veut aller », assure Delphine.

Et là où certains verraient seulement une catastrophe dans la situation que traverse son agence, dans la crise que traverse notre pays, l’Europe, le monde, Delphine y voit aussi une formidable opportunité. « Ça me donne confiance : on n’est pas limités à ce qu’on fait dans notre quotidien. Même si je suis dans un métier où l’on doit se réinventer tout le temps, on a l’impression qu’on a des limites. La situation actuelle permet de se rendre compte qu’on n’en a pas. En fait, tout est permis », affirme-t-elle.

Pour la mère de famille, « c’est réjouissant de se dire qu’on peut faire des choses, qu’on peut être utile. Que la vie ne s’arrête pas parce que d’un seul coup, il y a un petit virus qui a décidé de venir mettre son nez dans nos vies. On peut dépasser ça, en tout cas tant qu’on est sur pieds. Et c’est ça que ça change aujourd’hui et donc pour demain :  il y a urgence à faire tout ce qu’on veut faire ». 

Dans sa vie habituelle, Delphine dirige une agence de communication événementielle. Dans sa vie confinée, Delphine nous offre le plein d’espoir.

Texte de Louise Roussel. Un projet de portraits propulsé par le Souffle du Nord.



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