Portrait de consommactrices

À Lille-Sud, Hanane Lamzouri et Stéphanie Verwaerde sont devenues des ambassadrices des écogestes, à la maison, au travail, et dans leur quartier. Rencontre.

Hanane Lamzouri, Stéphanie Verwaerde, passionnés de zéro déchet (comme leur progéniture !) Photo A. G.
Hanane Lamzouri, Stéphanie Verwaerde, passionnés de zéro déchet (comme leur progéniture !) Photo A. G.

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« Le développement durable, ce n’est pas le monopole des quartiers chics ni des gens riches. » Hanane Lamzouri, habitante de Lille-Sud et enseignante de profession, est une pasionaria du « zéro déchet ». Avec son amie Stéphanie Verwaerde, rencontrée à l’école maternelle Jean-Bart du quartier où leurs enfants Sofia et Achille étaient scolarisés, elles sont devenues des ambassadrices des éco-gestes. À la maison, au travail, dans les associations, à l’école, elles transmettent avec bonne humeur le message des 4 R du développement durable : réduire, réparer, recycler, réutiliser.

Dans la cuisine de Stéphanie, pas mal de bocaux, des sacs en papier, des poubelles de déchets verts où se baladent trois limaces sorties sans doute des épluchures de salades. Cette employée d’un magasin de producteurs bio a relevé avec Hanane Lamzouri et d’autres femmes de l’association Fame le défi « famille zéro déchet », comme 350 autres équipes lilloises. « Nous avions pris l’engagement de réduire collectivement notre production de déchets de 25 % », commente Stéphanie Verwaerde. Elle a surtout fait « de l’emballage un critère de choix dans [s]es achats ». Et arrêté « définitivement les mouchoirs jetables et les gels douches ».

« L'enjeu ? Songer systématiquement à ce qui peut être réutilisé ou récupéré avant d'acheter »

Hanane Lamzouri a toujours été sensible au sujet – « mon père disait que l’homme est le fruit de son environnement ». Pour son amie, c’est un livre sur la catastrophe industrielle de Bhopal en 1984 qui a engendré la prise de conscience. Ensemble, elles ont organisé en 2014 leur première kermesse d’école durable, avec des verres consignés, des gâteaux maison, des jeux en bois recyclé. « Offrir des lots utiles mais de seconde main, plutôt que des gadgets neufs bien emballés, ça a beaucoup surpris », commente Hanane Lamzouri. « L’enjeu, c’est que cela devienne naturel, que l’on songe systématiquement à ce qui peut être récupéré ou réutilisé avant d’acheter », poursuit sa comparse. « Et ça permet de faire de vraies économies », surenchérit Hanane.

D’opération de nettoyage des rues avec les Francas en pique-nique de quartier zéro déchet, le duo n’arrête pas. « L’espace public nous appartient, il faut l’investir, le respecter, il nous faut être acteurs », insiste Hanane Lamzouri, qui vient d’être sollicitée pour un projet de repair café dans le lycée où elle travaille. À la Fabrique du Sud, ce nouveau lieu collaboratif du quartier, elles participent avec Fame à des ateliers de cuisine zéro déchet. Et se félicitent quand « les cuisinières hors pair de l’association peuvent montrer leurs talents à l’extérieur du quartier », lors d’un brunch bio et équitable à Wazemmes. Au sein de Fame, elles veulent aussi développer les réflexes développement durable. Fabriquer des produits d’entretien naturels et économiques, recycler, acheter en vrac… « On ne peut plus entendre : “À mon échelle, ça ne change rien” », sourit Hanane Lamzouri.

Par Elodie De Vreyer



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