Quand l'Histoire se chante

Elles parlent d’autrefois mais peuvent toujours se partager aujourd’hui. Sophie-Anne Leterrier, professeure d’histoire contemporaine, étudie et partage des chansons patoisantes du 19e siècle.

L'un des documents originaux sur Alexandre Desrousseaux conservé à la Bibliothèque municipale de Lille.
L'un des documents originaux sur Alexandre Desrousseaux conservé à la Bibliothèque municipale de Lille.

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Même si « Le P’tit Quinquin » reste toujours son air le plus célèbre, elle n’est pas du tout caractéristique des chansons d’Alexandre Desrousseaux. Un constat fait par Sophie-Anne Leterrier, professeure d’histoire contemporaine à l’Université d’Artois qui explique : « cette berceuse est musicalement très différente du reste de son répertoire, d’habitude rapide, sans distinction entre couplets et refrains, et en mode majeur, c’est-à-dire facile à chanter car sans altération ».

Cette analyse est l’un des fruits du travail de longue haleine engagé avec passion par Sophie-Anne Leterrier. « Mes recherches sur les sociétés musicales du Nord et du Pas-de-Calais au 19e siècle se sont inscrites dans un projet soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication en 2014 », raconte-t-elle.

Objectif de ce projet : révéler et valoriser les fonds des archives et médiathèques, véritables trésors qui racontent les pratiques musicales populaires de l’époque.

Un fonds formidable

À la Bibliothèque municipale de Lille, l’historienne se régale : « j’ai à disposition un fonds formidable comptant au moins 3000 chansons ! Je m’intéresse à des auteurs célèbres, comme Desrousseaux, mais je suis partie à la découverte d’autres, moins connus, voire inconnus, mais tout aussi intéressants ».

Et de citer Charles Decottignies et ses textes très drôles, dont un, par exemple, extrêmement précis sur les métiers du chemin de fer d’alors, « un témoignage historique exceptionnel » !

Ces chansonniers avaient la faculté de décrire le quotidien de la vie ouvrière et de la vie familiale, avec un recul amusé et souvent ironique. Même si l’étude de Sophie-Anne Leterrier n’est pas entièrement dédiée au père du P’tit Quinquin, elle ne manque pas, bien sûr, de se pencher sur son œuvre.

D’autant plus que la Bibliothèque municipale de Lille possède une collection incroyable de plusieurs milliers de documents, des chansons mais aussi des cartons d’invitation et des menus, des éléments de sa correspondance privée, des coupures de journaux et des volumes annotés ou dédicacés.

Chanter Desrousseaux et les autres

Et  Nathalie Pfister, responsable du fonds musical à la BML, de nous montrer un recueil de « chansons lilloises de Desrousseaux avec accompagnement de piano » qui donne une idée de la façon dont il a écrit certaines de ses compositions. Par exemple, on peut y lire des précisions, écrites de sa main, sur le tempo avec lequel jouer la ritournelle instrumentale du premier air qu’il a composé en 1850, « Le voyage à Dunkerque ».

Par Valérie Pfahl



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