Rencontre avec David Bobée, directeur du Théâtre du Nord

Artiste prolifique et partisan du mélange des genres (théâtre, danse, cirque...), David Bobée vient de prendre les rênes du Centre dramatique national Lille-Tourcoing-Hauts de France et de l'école qui lui est rattachée. 

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Vous êtes à la tête du Théâtre du Nord depuis le 1er mars. D’où venez-vous ?

J’arrive de Rouen, en Normandie, dont je suis originaire. J’y dirige le Centre Dramatique National depuis 2013 et pour six mois encore. M’approchant du terme des dix ans de mandat maximum que l’on peut faire à ce poste, j’ai commencé à réfléchir à la suite. Le Théâtre du Nord, situé à Lille, cherchait son nouveau directeur, j’ai saisi l’opportunité.

Connaissiez-vous déjà Lille ?

Oui, depuis longtemps, notamment pour avoir beaucoup tourné dans le Nord, en tant que metteur en scène, et pour avoir travaillé avec beaucoup d’artistes lillois aussi. J’aime cette ville, pour ses habitants authentiques, son dynamisme, son rayonnement culturel. Le Théâtre du Nord est installé en cœur de ville mais il diffuse également bien au-delà, à Tourcoing par exemple, où il est aussi implanté. Et c’est le cadre commun des 38 Centres Dramatiques Nationaux existant en France : décentraliser la culture pour la rendre accessible au plus grand nombre.

Quelles sont vos ambitions pour le lieu ?

Je souhaite poursuivre la volonté d’ouverture de mon prédécesseur, Christophe Rauck. Cette intention se concrétise dans la politique tarifaire, voire la gratuité, mais aussi en allant chercher les publics les plus éloignés afin qu’ils se sentent légitimes dans les lieux. Parallèlement, j’ai l’ambition d’étendre les pratiques égalitaires.

Plus d’égalité pour quoi, pour qui ?

Dans les politiques de financement, pour que les femmes disposent de moyens aussi importants que les hommes, lorsqu’elles préparent une production, par exemple. Ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui. Je veux aussi amplifier l’accessibilité, en proposant des spectacles en langue française des signes (LFS), en audio-description ou adaptés aux personnes en situation de handicap psychique. Un autre combat me tient très à cœur, celui de la diversité, sous toutes ses formes.

Elle n’existe pas dans le théâtre actuel ?

Même si l’on peut constater des progrès, elle n’est pas encore suffisante. Avec l’équipe, nous voulons donner les moyens d’expression, de production, de programmation, à celles et ceux que l’on ne voit pas ou presque pas sur nos scènes. Pour se sentir membre d’une communauté nationale, il est nécessaire de se sentir représenté dans la culture de son pays. Le Centre Dramatique National de Lille va inscrire dans sa prochaine programmation la pièce d’un auteur norvégien du 19e siècle, « Peer Gynt ». Et c’est Radouan Leflahi, grand acteur d’origine berbère, qui en tient le rôle principal.

Quel est votre regard sur la situation du monde culturel en cette période de crise ?

Depuis plus d’un an, les artistes sont privés de leur utilité au monde ! Entendre que la culture n’est pas essentielle, ça a été une claque pour nous tous ! Financièrement mais aussi psychologiquement, j’aspire à ce que l’on se relève en n’oubliant personne. Le Gouvernement a placé les réouvertures progressives des lieux culturels mi-mai, nous attendons que ce rendez-vous soit honoré…

Propos recueillis par Valérie Pfahl



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