Rencontre avec Vincent Lelièvre, dessinateur

Vincent Lelièvre vient de redessiner les monuments du dernier plan de Lille, disponible à l’Office de tourisme. Rencontre.

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Vous avez relooké le nouveau plan de Lille. Une nouvelle collaboration avec l’Office de tourisme ?

Des cartes postales avec mes dessins y sont en vente. Les gens les réclament pour les encadrer. Mais pour le plan, c’est une première. J’ai redessiné  25 bâtiments emblématiques de Lille sous forme de petits croquis chaleureux. Notre-Dame de la Treille, le Beffroi, le Palais des Beaux-Arts, une tour d’Euralille... Ils sont esquissés, minimalistes parce que sur un plan de ville, forcément, les dessins sont de petite taille. J’ai donc dû aller à l’essentiel. C’est très différent de ce que je fais d’habitude.

Vos dessins sont soignés, d’une extrême précision, avec un grand sens du détail. Quelle école avez-vous fait pour maîtriser une telle technique ?

Je n’ai fait aucune école de dessin ni d’architecture. J’ai tout appris seul. C’est à force de dessiner que je me suis perfectionné. Et je peux encore progresser !

Vous êtes passionné d’univers urbains. A quand remonte cet attrait pour l’architecture ?

J’ai toujours été passionné par l’architecture. Enfant, je dessinais essentiellement des petites maisons, à tel point que mes parents trouvaient ça bizarre. Ils ont même pensé en parler à un docteur ! Au départ, je dessinais des villes imaginaires, sortes de villes idéales ou se mêlent bâtiments modernes et anciens. Je dessine pour construire mes propres villes et m’y évader. Certains le font avec des Lego, moi, c’est sur des feuilles de papier. J’ai toujours dessiné sauf de 30 à 37 ans où j’ai eu ce que j’appelle une « période d’abstinence ». C’est après une rencontre avec Michel Degand, artiste plasticien, que j’ai eu envie de reprendre les crayons. Avant ça, je dessinais pour moi, mais à partir de ce moment, j’ai décidé de m’exposer au regard des autres.

Via Instagram ?

Je ne me voyais pas taper à la porte des galeries pour présenter mon travail. Instagram est donc devenu ma galerie virtuelle. Aujourd’hui, j’ai 30 000 abonnés et certains suivent mon travail à l’autre bout du monde. J’apprécie cette interaction avec les gens et ça me touche que mon travail soit apprécié. Je lance des jeux de piste, j’échange avec ma communauté. Par exemple, je mets un dessin dans un endroit à Lille, je donne des indices sur  ma page Instagram et celui qui le trouve le garde.

Quel matériel utilisez-vous ?

Pour les petits formats, une simple table suffit. Pour les plus grands, je dessine par terre. Mais avançant en âge, ça commence à être dur ! Je travaille sur du papier bien épais pour une meilleure tenue. J’ai eu une longue période crayon de bois mais maintenant, j’utilise le Rotring. Je travaille donc « sans filet » : je ne fais pas de plan avant. Je pars d’un immeuble et j’avance progressivement dans mon dessin. Et uniquement en noir et blanc. Jamais de couleurs. Le noir et blanc me permet d’aller à l’essentiel et d’exprimer des nuances, des dégradés.

Quand travaillez-vous ?

Je travaille le matin tôt et aussi dans le train que je prends quotidiennement entre Arras et Lille pour me rendre au travail (Vincent est aussi graphiste dans une société). En ce moment, j’ai de nombreuses commandes de particuliers qui souhaitent que je dessine la façade de leur habitation pour la faire encadrer. Je termine aussi un grand format sur Tokyo et bien sûr, je travaille sur de futures expos. J’envisage prochainement de faire une petite pause pour me ressourcer et voyager pour trouver de nouvelles inspirations.

Propos recueillis par Sabine Duez

> Pour découvrir le travail de Vincent Lelièvre : www.vincentlelievre.com

Vincent Lelievre, dessinateur de talent

Durée: 01:51


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