Une journée dans les réserves du Musée d’histoire naturelle

On y trouve bien sûr des animaux et des roches, mais aussi des objets industriels et des pièces ethnographiques rarement montrés au public. Après une seconde phase de travaux, les quatre collections pourront enfin être plus visibles au sein du musée.

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C’est un labyrinthe d’une trentaine de pièces, petites ou grandes, dans un bâtiment datant de 1894. Les réserves du Musée d’histoire naturelle abritent quatre collections : zoologie, géologie, sciences et techniques, ethnographie. Si le lieu est foisonnant, chacune des 450.000 pièces (autant que le Louvre !) n’en est pas moins référencée et intégrée dans une base de données consultable par des chercheurs du monde entier. « Certains animaux ont disparu, certains sites sont désormais inaccessibles car ils ont été construits : nos collections sont des archives du monde », explique Judith Pargamin, directrice du lieu.

Toute l'histoire de la terre

Plus de 180.000 fossiles, roches et minéraux la racontent, dans des dizaines de meubles à tiroirs. Le plus vieil élément est une météorite qui a l’âge du système solaire. Le Musée
possède aussi l’une des plus belles collections mondiales d’empreintes végétales fossiles, trouvées dans nos mines de charbon. Ces échantillons retracent l’évolution de la région depuis 600 millions d’années, quand le Nord était couvert de forêts tropicales. Les pièces sont présentes en de nombreux spécimens, car rappelle Judith Pargamin : « Pour définir les caractéristiques d’une roche ou d’un animal, il est nécessaire d’en comparer plusieurs. »

On garde aussi les « moches »

Dans une pièce exigüe, des centaines de volatiles fixent le visiteur. Un blaireau se dresse sur ses pattes arrière, menaçant. « Il était considéré à l’époque de sa naturalisation comme un animal nuisible, d’où cette mise en scène. Les collections sont aussi des témoins de leur époque et de l’histoire de notre rapport à la nature », commente Judith Pargamin. Plus de 10.000 spécimens naturalisés sont ainsi conservés, du bison cabré à de minuscules rongeurs. « Certains ne sont pas très esthétiques et ne seront sans doute pas exposés, mais ils peuvent être utiles pour des chercheurs. » La collection zoologique compte au total 220.000 spécimens dont 70 % d’insectes et coquillages.

Pots de chambre et ancêtre du néon

Jusqu’ici visible uniquement lors d’expositions temporaires, la collection des sciences et techniques s’est constituée avec l’ancien Musée industriel et commercial. Maquette des hauts-fourneaux de Denain, châssis de voiture Serpolet, nécessaire de toilette en faïence… Dans l’esprit des expositions universelles, il s’agissait de montrer le savoir-faire des industriels régionaux et de faire connaître les productions de la concurrence étrangère. Certains des 40.000 objets recensés ont connu une belle postérité, comme les tubes de Geissler, ancêtres du néon. La salle « mesure de l’homme » regroupe tous les appareils imaginés, dans la première moitié du XXe siècle, pour mesurer les capacités humaines à des fi ns d’orientation professionnelle.

Cabinet de curiosités

Tambours à fente de Nouvelle-Guinée, aussi longs qu’une pirogue, crâne trophée des îles Marquises… La collection d’ethnographie s’est constituée autour des objets collectés par le Lillois Alphonse Moillet (18021850), dans l’esprit d’un cabinet de curiosités. Elle présente aujourd’hui 13.000 objets, illustrant la diversité des cultures des cinq continents. C’est l’une des plus riches de France.



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