1916 : incendie de l’hôtel de ville

Installé sur l’emplacement de l’ancien palais Rihour, il a disparu dans les flammes. De précieuses archives et une partie des collections de la bibliothèque municipale ont brûlé avec lui. Le centenaire de l’événement sera célébré le 23 avril.

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À la Belle Époque, le cœur économique et politique de Lille bat entre la Grand’place et la place Rihour, où se trouve la mairie. Son très vaste bâtiment prolonge le palais Rihour et couvre pratiquement toute la place du même nom. Les cartes postales nous montrent un immeuble imposant,édifié à partir de 1846 par les architectes Benvignat (1), Contamine et Mourcou. Le plan est quadrangulaire, avec des pavillons d’angle en saillie entourant une vaste cour traversante. La façade principale se veut résolument classique. Les tramways circulent alors sous ses arcades de style XVIIIème. Enclavé dans la ville ancienne, l’édifice est établi sur les fondations de l’ancien palais Rihour érigé par les ducs de Bourgogne au XVe siècle et dont seuls subsistent la chapelle et le bel escalier de pierre, déplacé pour sa sauvegarde.

HDV
L'hôtel de ville avant l'incendie.

Origine accidentelle

Dans la nuit du 23 au 24 avril, vers 21h30, un violent incendie se déclare dans les bureaux du service de l’hygiène, au deuxième étage de la mairie. L’origine du sinistre, qui se propage rapidement à tout le bâtiment, semble purement accidentelle. Le bâtiment est vétuste ; un court circuit électrique aurait provoqué la catastrophe. Les forces allemandes qui occupent la ville arrivent rapidement; les pompiers sont ralentis par une coupure de téléphone et le couvre-feu. Ils portent leurs efforts sur la protection des immeubles avoisinants mais n’ont pas suffisamment d’eau sous pression pour sauver le bâtiment (2).

On ne déplore aucune victime mais seule la salle du conclave et les services financiers sont sauvés. Toutes les archives municipales du XIXème siècle, ainsi qu’une partie des collections de la bibliothèque municipale, partent en fumée. Les pertes auraient pu être plus importantes encore : jusqu’à l’achèvement du Palais des Beaux-arts (1892), les collections publiques de peinture et d’art de Lille étaient aussi hébergées dans l’hôtel de ville.

Les chiffres et les rapports sont contradictoires et permettent seulement de connaître les ordres de grandeur. Sur les 185 000 volumes de la bibliothèque municipale, 110 000 à 125 000 livres sont sauvés dont des manuscrits (1500 environ) et 200 incunables (livres des premiers temps de l’imprimerie). L’université accepte de stocker les documents épargnés. Cela dure jusqu’en 1965 et la construction de la médiathèque Jean-Lévy.

Un vide inédit

La destruction du vaste quadrilatère occupé par la mairie crée un vide inédit au sein de la ville ancienne et bouleverse les abords de la Grand’place. Du palais Rihour, il ne reste plus qu’une tour (salle des gardes) et une chapelle (salle du conclave) en partie masquée plus tard par l’imposant monument aux morts qui lui est adossé.
Quant aux services de la mairie, ils sont relogés boulevard de la Liberté et à la Préfecture puis, en avril 1918, rue Gambetta et dans le Vieux-Lille, en attendant la construction après guerre de l’actuel hôtel de ville (3), inauguré en 1932.

Par Guy Le Flécher

La plaie des incendies (1896-1916)

La période qui précède la Première guerre mondiale est marquée à Lille par de nombreux incendies :

>Incendie de l’église Saint Sauveur (28-29 mars 1896).
Les flammes gagnent également l'hôpital voisin ainsi que la Noble tour. L’actuelle église est bâtie à l'emplacement de l'édifice primitif.

>Incendie du théâtre Lequeux (6 avril 1903).
Sa propagation est rapide, bien que les secours soient  rapidement dépêchés sur place.  

>Incendie des Docks et magasins généraux (18 mai 1909) qui disparaissent intégralement. Ils alimentaient le port Vauban (à l'extrémité de la rue Colbert) et stockaient des centaines de tonnes de marchandises. Les docks sont rebâtis quasiment au même emplacement quelques années plus tard.

>Incendie de l’église Saint- Étienne (19 juillet 1910), au niveau de la toiture. L'ensemble de la charpente s'écroule à l'intérieur de l'édifice. Le sinistre, circonscrit rapidement, a épargné le reste de l'église ainsi que l'hôpital militaire voisin.

Une commémoration le samedi 23 avril

> Rassemblement devant le monument aux morts place Rihour :
- Commémoration à 10h.
- Animations autour de la thématique de l’incendie, avec l’association « Lille Centre animations » : véhicules de pompiers anciens, démonstrations d’intervention, châteaux  gonflables, présence des géants Narcisse, Raoul, Jeanne Maillote et Ronny Coutteure, vente de cartes postales et de timbres à date de 10h à 18h.

> Exposition sur l’histoire de l’incendie du Palais Rihour, présentée salle du Conclave, palais Rihour, tout le week-end puis dans les jours qui suivent, à la mairie de quartier du Centre du 23 au 24 avril.

> De septembre à décembre, une exposition « Les Hôtels de ville à Lille, des origines à nos jours » aura lieu au Palais Rihour, salle du Conclave.

 

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