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Histoire des hôtels de ville lillois

Une exposition présentée par le service Ville d’art et d’histoire retrace l’histoire urbaine et architecturale des hôtels de ville de Lille.

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De la place du Théâtre…

Du premier hôtel de ville lillois, il ne reste aucune trace. Seule une aquarelle conservée au musée de l’Hospice Comtesse montre l’agencement des bâtiments situé place du Théâtre, à l’entrée de la rue des Manneliers. Détruit par l’assaut mené sur la ville par Philippe Auguste en 1213, ce premier édifice est reconstruit au même emplacement par Jeanne de Flandre en 1235.
La construction de ce premier hôtel de ville découle de l’essor de Lille, alors Isla, dès le XIe siècle. Les aménagements de la Deûle par la comtesse Jeanne de Flandre et ses successeurs favorisent son développement. Pour gérer les intérêts de la Ville, un « Magistrat » s’organise. Composé de notables issus de la bourgeoisie locale, il se réunit au sein d’une halle échevinage ou maison commune.
Une nouvelle halle voit le jour en 1594, construite par l’architecte Jean Fayet. D’architecture classique, le bâtiment disparaît définitivement lors du percement de la rue Faidherbe en 1870. 

…au Palais Rihour

Entre-temps, le Palais Rihour est édifié par les ducs de Bourgogne en 1453. Véritable palais urbain, il n’a pas pour vocation première d’être un hôtel de ville. Il le devient deux siècles plus tard, lorsque l’édifice est vendu à la Ville pour 90 000 florins. Le Magistrat s’y installe, peu avant le siège de 1667 et la conquête de Lille par Louis XIV. La chapelle est alors aménagée en conclave, lieu de réunion des échevins.
Avec sa façade principale donnant sur la place Rihour, il occupe la totalité de la place Rihour actuelle, déployant quatre ailes formant un quadrilatère autour d’une cour d’honneur. Un premier incendie endommage l’aile ouest puis un second la partie sud-est qui sera laissée en l’état. Au fil des ans, le bâtiment se délabre et la municipalité envisage la construction d’un nouvel hôtel de ville au même emplacement.
L’architecte Charles César Benvignat s’en charge à la veille de l’agrandissement de Lille en 1858. Seuls la chapelle et l’escalier d’honneur du duc de Bourgogne sont conservés, le reste est détruit.
Un bâtiment de style néo-renaissance sort de terre. Fortement apparenté au palais italien par sa monumentalité et son décor, il s’organise autour de quatre ailes et d’une cour intérieure publique traversée par le tramway. L’édifice comprend plusieurs niveaux de services et dispose d’une bibliothèque, d’archives, d’un musée de peintures et sculptures (le Palais des Beaux Arts n’existait pas encore).
Dans la soirée du 23 avril 1916, un violent incendie se déclare dans les bureaux du service de l’hygiène, au deuxième étage de la mairie. Il se propage rapidement et emporte une grande partie du bâtiment, ainsi que les archives du XIXe siècle. 

Le gratte-ciel lillois

Au sortir de la Première Guerre mondiale, la municipalité conduite par Gustave Delory profite du démantèlement des remparts au XIXe siècle pour entamer le débat sur l’aménagement futur de la ville. Dès 1921, la Ville organise un concours pour élaborer un véritable plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension. L’ancien hôtel de ville, place Rihour, ayant été détruit, la nouvelle maison commune, dans le quartier Saint-Sauveur, doit être la première pierre d’un ambitieux programme de logements, établissements scolaires, équipements publics, espaces verts et de circulation.
Conçu par l’architecte Emile Dubuisson, le nouvel hôtel de ville est à la fois grandiose et ingénieux. De style art déco, l’édifice est en briques mais le béton armé est volontairement laissé visible, à l’intérieur comme à l’extérieur. Bâti de 1924 à 1932 sous le mandat de Roger Salengro, il n’est achevé qu’en 1992 par l’édification du bâtiment de l’extension, qui lui donne alors un visage plus contemporain.

Une expo jusqu’au 20 décembre

L’exposition « L’histoire urbaine et architecturale des hôtels de ville de Lille » est à découvrir jusqu’au 20 décembre dans la salle du Conclave au palais Rihour. Du lundi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 17h ; dimanche de 10h à 12h et de 14h à 16h30.
Entrée libre.
Légende photo : Vue de  l’hôtel de ville construit par Charles César Benvignat. Dessin d’après nature et lithographié par Deroy. Musée de l’Hospice Comtesse.

Le beffroi : un défi technique

L’édification du beffroi de l’hôtel de ville de Lille s’est déroulée de 1929 à 1931. Pour la première fois en France est réalisé un bâtiment en béton armé de 104 mètres de haut. Les Lillois n’hésitent pas à le comparer à un gratte-ciel new-yorkais. Le défi technique est de taille. La nature du sol, peu approprié pour supporter les 9 000 tonnes du beffroi, nécessite une fondation sur 270 pieux, enfoncés à 8 mètres de profondeur. La hauteur du bâtiment excluant l’emploi d’engins de levage ordinaires, il faut recourir à un ascenseur. Ce dernier, au centre de la construction est allongé au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Malgré ces difficultés, le beffroi est construit au rythme, impressionnant pour l’époque, de 4,10 mètres par mois.
En 2005, il est inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial.
Il se visite : les billets peuvent s’acheter au pied du beffroi ou à l’Office de tourisme, place Rihour.
. Infos sur www.lilletourism.com

Textes Valérie Langlet et Sabine Duez



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