Rebelle

Elle a la liberté chevillée au corps ! Grâce à l’art, Ratiba Mokri interroge, partage, revendique, provoque.

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Sa dernière création s’appelle « Djouheur ». Le prénom de sa mère. Un espace de rencontres et de loisirs installé à Fives. On peut y boire un thé, tricoter, dessiner, discuter… Le lieu est destiné aux femmes mais la porte n’est pas fermée aux hommes, invités pour une exposition, un concert ou une pièce de théâtre. Car Ratiba Mokri ne cherche pas à faire de l’entre soi. C’est même tout le contraire ! Elle aime la mixité sociale et culturelle, que l’on observe au cours des quelques heures passées une après-midi chez « Djouheur ».

Ce lieu est aussi « une proposition citoyenne et engagée », précise Ratiba. Au départ, il y a ce constat : « dans certains secteurs de Fives et d’ailleurs, les femmes occupent peu, voire pas du tout, l’espace public. Elles conduisent leurs enfants à l’école, font leurs courses et rentrent chez elles. Je souhaite à la fois leur donner une visibilité publique et favoriser cette possibilité d’exister aussi par et pour elles-mêmes ».

Le nez rouge, ça libère !

Ce combat, l’artiste le porte dès son plus jeune âge. Elle est née en France de parents algériens, « dernière d’une fratrie de dix enfants », précise-t-elle. « J’ai grandi avec cette double culture et les dilemmes internes qui vont avec. Même si mes parents m’ont laissée vivre libre malgré les difficultés que cela leur a occasionnées, j’ai été confrontée au poids de certaines traditions ».

Et c’est par l’art que Ratiba a expulsé ses souffrances, affiché son identité, revendiqué le droit d’être une femme libre. Diplômée des Beaux-Arts, elle a commencé par être peintre. Puis élargit sa palette : comédienne, auteur, clown. « Le nez rouge libère la parole, il permet tout simplement de déconner mais aussi de dire une vérité, avec l’autodérision nécessaire ». Elle a rencontré Lille en 2008 à l’occasion de sa première scène pour « Petites histoires de Mokri ». C’était au Zem Théâtre.

Dynamisme culturel

C’est le coup de foudre : « j’ai senti ici un dynamisme culturel très intéressant et côtoyé des gens vraiment sympas ». Elle s’est installée dans la capitale des Flandres en 2010. À Fives précisément. Elle y a fondé sa compagnie, Ratibus. Chez « Djouheur », elle a aussi envie de partager des pratiques artistiques pour permettre à chacune de s’exprimer. L’art est un moyen de faire grandir un chemin en soi, d’évoluer avec les autres et de transformer des situations. La musique, ça vide la tête et ça fait vibrer, l’écriture, c’est un exutoire, le dessin, c’est la liberté ».

Alors que Ratiba travaille sur sa prochaine création, « Mes mains signent », elle ne perd jamais de vu son engagement. « Nous ne sommes pas là pour être soumises. Je veux montrer qu’il est possible de se sentir libre en tant que femme ».

Valérie PFAHL



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