Une enfant du siècle

Fives. Denise BECQUART vient d’avoir cent ans

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Fives. Denise BECQUART vient d’avoir cent ans, vécus à Fives. Un siècle en lien étroit avec ce quartier, son quartier. Le temps qui passe sans jamais s’arrêter fait que les souvenirs se chassent les uns les autres plutôt que d’accepter de se côtoyer. Et puis il y a aussi la  maladie qui grignote peu à peu la table des matières de son existence.

« À deux voix »

C’est donc avec l’aide de son fils qu’elle extirpe des brumes quelques bribes de son existence. On assiste alors à un chant à deux voix, l’une complétant l’autre, y ajoutant des détails qui donnent forme à un vécu singulier.

Aussi loin qu’elle se rappelle, elle a d’abord vécu au Mont-de-Terre. Où? Denise ne s’en souvient plus avec précision. Qu’importe ? Puis ce fut la rue de Madagascar. Entre temps, ce sera cette vie sans véritable complication, seulement chahutée par des forces extérieures et pas des moindres, auxquelles nul n’a échappé : La guerre et le long cortège des colonnes de réfugiés. Tous ceux qui le peuvent fuient l’avancée des hordes nazies. Au bout de ses pérégrinations forcées, Denise DEBOUDT s’arrête à Rennes où elle se marie avec Marcel en septembre 1941 et devient Mme Denise BECQUART. Ensuite,  C’est sa carrière de 15 ans aux Chèques Postaux tandis que Marcel est linotypiste à la Voix du Nord. Au cours de cette vie viendront les enfants, Claudine et Bernard qui la visitent encore quotidiennement, puis les petits-enfants et les arrière-petits-enfants…

« Ducasses et guinguettes »

Avant que Denise ne fête ses 100 ans et ne revienne sur le devant de la scène, elle et Marcel avaient déjà été des vedettes locales : en 2006, ils fêtaient leurs noces de palissandre, 65 ans de vie commune, et avaient eu droit à 3 colonnes dans la Voix du Nord.

Mais Denise, ce sont surtout ces fragments de souvenirs, ces tranches de vie que tout le monde aime entendre lorsque l’on rencontre un aîné : Ces ducasses et ces guinguettes d’antan dont le temps amplifie et magnifie la réminiscence. Ce sont ces balades dans les rues de Fives, la rue Pierre Legrand avec sa ligne de tramway, ses commerces aujourd’hui disparus, oubliés et remplacés. Ce sont aussi les jours tranquilles de la rue de Madagascar dont elle se réjouit qu’elle n’ait pas (trop) changé.

Demain c’en sera une autre mais aujourd’hui, Denise a une sorte d’obsession dont elle n’arrive pas à se défaire: elle cherche dans sa mémoire fuyante l’origine du nom de la Chapelle d’Elocques. Nous avons cherché pour elle : Chère Denise, c’est tiré du nom du terrain sur lequel fut construite, au 18ème siècle, cette petite chapelle : Le Fief de la Hocques et qui appartenait aux Jésuites de Lille.


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