Comment (re)faire la ville ?

Le projet urbain de Lille intègre la reconquête de ses anciens sites industriels. Souvent bien situées, ces friches contribuent à redessiner la ville du futur. 

Repas Fives-Cail
Ajouter à mes favoris

Partager sur :

Google+

C’est un peu comme faire du neuf avec du vieux ! Elles accueillent de nouveaux logements en cœur de ville. Elles donnent l’opportunité d’échafauder d’inventifs projets autour de la culture ou de la cuisine. Elles favorisent le retour de l’activité économique. « Les friches industrielles constituent un formidable potentiel de renouvellement », résume Stanislas Dendievel, conseiller municipal délégué à l’urbanisme et à l’habitat durable. Un renouvellement qui entraîne aussi une remise en beauté du patrimoine.

Leurs activités ont cessé depuis plusieurs dizaines d’années, parfois plus. D’abord abandonnées dans l’indifférence générale ou presque, ces friches représentent désormais autant de possibilités de réorganisation urbaine et de projets d’aménagement. « Nous avons choisi de tirer parti de ces anciens sites industriels pour envisager de nouvelles fonctions adaptées aux besoins actuels, tout en conservant tout ou partie de leur architecture », explique l’élu.

Singulier et innovant

Et dans la capitale des Flandres, différentes réalisations illustrent le savoir-faire lillois en la matière ! C’est Fives Cail Babcock qui fait en ce moment l’actualité. Des premières locomotives à vapeur au métro de Shanghai, l’usine a fait figure de fleuron de l’industrie sidérurgique du Nord. Fermée en 2001, elle connaît une métamorphose incroyable depuis six ans. Cette emprise foncière de 16 hectares a été une véritable occasion pour « concevoir un projet singulier et innovant », précise Djamel Klouche, architecte-urbaniste à l’agence L’AUC.

Il poursuit : « De nouveaux modes d’habiter, le passage couvert, la halle gourmande sont autant d’éléments contemporains qui s’inscrivent dans les volumes des halles. Je suis heureux de voir que l’échelle que l’on a posée est juste même si elle est inhabituelle. J’espère que ce projet va devenir un fragment intéressant du Lille du XXIe siècle. »

Reconquérir ces morceaux de ville en jachère ne date pas d’aujourd’hui. Au début des années 1980, l’usine Le Blan, en inactivité depuis 1967 dans le quartier de Lille-Moulins,
fut un projet fondateur. Les architectes lauréats, Philippe Robert et Bernard Reichen, rentrant des États-Unis avec des références de transformation de l’architecture industrielle, ont implanté là des logements et divers lieux culturels. En 1995, c’est la faculté de droit qui s’est installée dans la seconde usine elle aussi réhabilitée.

Préserver, innover, faire durer 

L’originalité de la démarche lilloise, c’est qu’elle conjugue la préservation de l’héritage, la recherche de l’innovation et le souci de respecter les critères du développement durable. EuraTechnologies, 40 hectares de friches à cheval sur les Bois-Blancs et Lomme, en témoigne. La transformation de l’ancienne usine Le Blan Lafont, bâtiment emblématique du projet, a été le fruit d’un travail patient de partenariats, sous l’impulsion de diverses volontés politiques. Résultat : un parc d’activités dédié aux technologies de l’information et de la communication qui compte 300 entreprises. Et quelque 2 000 logements qui privilégient la mixité sociale. « Cette mutation installe une nouvelle modernité et la démonstration de l’incontournable valeur du bâtiment durable est ici faite », affirme l’équipe de l’agence d’architectes Brossy et Associés.

EuraTechnologies, tout comme Fives Cail, a été labellisé « écoquartier », la reconnaissance d’une démarche environnementale forte. Même destin annoncé pour le futur quartier Saint-Sauveur. Les modes de transport doux que sont le vélo et la marche à pied ainsi que le développement urbain responsable sont inscrits dans cette vaste opération de reconquête d’un site délaissé.

Sur les 23 hectares a vécu une gare ferroviaire de marchandise de 1865 à 2003. D’abord investie à l’occasion de « Lille, capitale européenne de la culture », en 2004, pour y ouvrir des espaces de loisirs et d’expositions toujours existants, la friche sera réhabilitée. S’y côtoieront des logements dont 50 % de logements sociaux et intermédiaires, des commerces, des bureaux, des espaces verts et une piscine olympique. 



Lire aussi

1915, Léon Trulin fusillé

Né en Belgique, arrivé à Lille à la mort de son père, Léon Trulin n’est qu’un adolescent lorsqu’il trouve la mort dans les fossés de la Citadelle....

Ajouter à mes favoris Voir
Louise de Bettignies, reine des espionnesCitoyenneté

Une commémoration pour le centenaire de la disparition de Louise de Bettignies a eu lieu à Lille le 27 septembre. Petite histoire d'une grande rés...

Ajouter à mes favoris Voir
Léon Trulin, c'est LilleCulture

La petite-nièce de Léon Trulin, héros, résistant fusillé en 1915, a remis une lettre et d'autres objets à la Ville.

Ajouter à mes favoris Voir

Partager la page via les réseaux sociaux :

Fermer