Émile, "gardien" des Beaux-Arts

Découvrez le courage d'Émile Théodore, conservateur du Palais des Beaux-Arts, pendant la guerre 14-18.

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Le service des archives municipales propose, au travers d'une exposition, de découvrir le destin de Lillois pendant la Première Guerre mondiale. Entre autres personnages, celui d'Émile Théodore, "gardien du Palais des Beaux-Arts au point d'y risquer sa vie durant quatre ans.

Rubens en sous-sol !

Dès son enfance, Anne Théodore a entendu cette histoire : son grand-père, Émile Théodore, conservateur au Palais des Beaux-Arts en 1914, a découpé et roulé « La descente de croix », de Rubens, œuvre majeure, pour la cacher dans les cryptes du musée. Elle en a eu confirmation voilà six ans, en se plongeant dans les huit carnets laissés par son aïeul et découverts grâce à sa cousine Véronique.

Dévouement absolu

« C’était très émouvant de lire ces récits de la vie à Lille sous l’occupation allemande lors de la Première Guerre mondiale », raconte Anne, « tout comme de ressentir ce dévouement absolu qu’il a eu pour le Palais des Beaux-Arts jusqu’à sa mort ». En effet, dès l’approche des troupes allemandes, Émile Théodore décide de protéger un maximum d’œuvres, d’un incendie, d’un bombardement, d’une spoliation. « Il mobilise toute son équipe qu’il manage comme une famille », remarque Michèle Adamczyk, professeure agrégée d’histoire. Et « n’hésite pas à mettre son bleu de travail pour réparer une chaudière », ajoute Anne.

Pillage d'oeuvres

À cette époque, le musée est dans un piteux état ! Les toitures sont effondrées, il y pleut. De nombreuses peintures et sculptures sont abimées. En 1917, les ennemis décident de mettre la main sur les collections qu’ils convoitent. « Les ¾ des œuvres sont emportées mais, avant, Émile Théodore consigne tout dans un carnet, avec l’idée de les récupérer une fois que la France serait sortie vainqueur, il en était persuadé », précise Michèle. 

Symboles à déchiffrer

Et effectivement, dès octobre 1918, le conservateur part chercher à Bruxelles, où ils ont été exposés, les trésors qu’il a tout fait pour protéger, au point de dormir dans le musée !  C’est en 1924 que le Palais des Beaux-Arts de Lille peut rouvrir ses portes après un réaménagement total et une restauration des œuvres pour lesquels Émile Théodore s’est aussi mobilisé avec passion. Sa petite-fille a retranscrit tous les carnets qu’il a laissés, au péril de sa vie, car « si les Allemands les avaient découverts, il aurait été fusillé » ! Elle cherche toujours à décrypter des symboles rouges et bleus restés mystérieux…

Par Valérie Pfahl

Exposition "Des Lillois dans la Grande Guerre" à découvrir du 12 septembre au 11 novembre à l'Hôtel de Ville. Entrée libre.

Les Archives municipales organisent une rencontre avec Anne Théodore et Michèle Adamczyk le 8 novembre.



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