Les dessous de la Déesse

Nombreux sont ceux qui la croisent. Peu d’entre eux savent ce qu’elle représente… Voici l'histoire de la Déesse.

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Elle a fière allure avec ses 3m50 de haut, juchée sur une colonne de 12m au milieu de la Grand Place. La statue de la Déesse pèse près d’une tonne et repose sur un socle d’un mètre de diamètre. C’est sûrement le monument le plus connu des Lillois. Sur son visage, les passants lisent la détermination. Mais que savent-ils d’elle ?

Cette grande dame de bronze est née il y a 172 ans. Elle commémore la résistance victorieuse de Lille contre les Autrichiens. À son appellation officielle « le monument commémoratif du siège de 1792 », les Lillois préfèreront lui donner le surnom populaire de « la Déesse ».

Dans la guerre qui oppose la France à la coalition austro-prussienne, Lille est en première ligne. Lorsque l’archiduc Albert de Saxe-Teschen vient y mettre le siège, la ville se tient prête. La garnison française compte 10 000 hommes, renforcée par 132 canonniers de la Garde nationale sédentaire citoyenne de la ville et la population lilloise activement mobilisée.

Le 29 septembre 1792 à 15h, bombes et boulets rouges incendiaires tombent sur la cité, notamment sur le quartier Saint-Sauveur et sur la Grand’place. Le maire de l’époque, François André, refuse de se rendre. Au terme d’une résistance acharnée, l’armée autrichienne se replie mais laisse derrière elle de nombreux morts et le quartier populaire de Saint-Sauveur en partie détruit, avec près de 400 maisons touchées.

Symbole de la résistance

Pour commémorer le 50e anniversaire de la levée du siège, la Ville lance un concours en 1842. Le projet de l’architecte Charles Benvignat retient l’attention : une colonne surmontée d’une grenade, avec sur le socle une statue de Sainte-Barbe, la sainte patronne des artilleurs. Face à la critique, il modifie son projet initial et reporte la statue au sommet.

Le sculpteur Théophile Bra est chargé de la réalisation. Il sonde des Lillois anonymes afin de trouver « le type flamand dans sa pureté primitive ». Selon lui, tout doit se lire dans la morphologie et les attributs de cette figure symbolique. Sa statue au front dégagé porte l’empreinte du courage calme et obstiné des Flamands. Ses hanches vigoureuses évoquent la fécondité. Son cou, ses bras et le drapé décrivent le travail, la robustesse, la noblesse et la chasteté.

Symbole de la résistance de Lille, la dame de bronze tient dans la main droite un boute-feu, servant à allumer la mèche d’un canon invisible. Elle montre de la gauche l’inscription sur le socle, la réponse du maire de Lille refusant la reddition de Lille assiégée : « Nous venons de renouveler notre serment d’être fidèles à la Nation, de maintenir la liberté et l’égalité ou de mourir à notre poste. Nous ne sommes pas des parjures ! »

La Déesse déplacée

La première pierre est posée en 1842 devant l’hôtel de ville (à l’époque, le Palais Rihour). La municipalité trouve finalement peu judicieux d’élever ce monument à cet endroit. Elle change d’avis et préfère le site de la Grand’place, plus étendu. Officiellement inaugurée le 8 octobre 1845, la Déesse n’est depuis descendue qu’une seule fois de son socle. C’était en 1989, pour la réalisation du parking souterrain de 420 places.

Par Sabine Duez



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