« Lille mémoire », c'est lui !

Kévin Labiausse a réalisé et compilé dans un ouvrage des avant/après de Lille, avec la complicité de Robin Ryckeghem à la photo. Rencontre.

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Habitué à livrer des bribes d’histoire à ses abonnés sur sa page Facebook, Kévin Labiausse (la page Facebook « Lille mémoire », c’est lui) nous emmène cette fois en promenade sur des dizaines de sites lillois.

Nous l’avons rencontré dans le quartier qu’il connaît comme sa poche : il a grandi dans la maison familiale boulevard Victor Hugo et c’est au lycée Montebello que Kévin Labiausse a préparé son baccalauréat. “Je suis un habitué des lieux : pendant ma dernière année d’études, j’ai passé le plus clair de mon temps ici, aux Archives du Nord, à écrire mon mémoire”. Avant cela, c’est aux archives municipales qu’il a conçu son arbre généalogique, cela ne s’invente pas !

Au milieu des linéaires, nous engageons la conversation avec un intarissable passionné. “Ce sont des attelages de chiens, rue de Béthune…” (à l’époque on ne se déplaçait pas en V’lille). “Vous connaissez certainement l’histoire des chèvres de Charles Rameau ?” (et vous ?) “A cet endroit, on trouvait un asile d’aliénées pour femmes, rue de Tournai"…

« Offrir un savoir, sans le monnayer »

Dans les magasins des archives départementales, sa caverne d’Ali Baba, le Lillois déniche les pépites que vous avez sûrement déjà aperçues sur la page de Lille Mémoire. Plusieurs fois par semaine, Kévin Labiausse partage en ligne une carte postale ancienne. Chaque reproduction est assortie d’une légende très soignée. « C’est parfois un peu scolaire » concède celui qui, dans la vraie vie, est professeur d’histoire. Ce qui l’a motivé au départ, c’est “d’offrir un peu de [s]on savoir, sans le monnayer”. Acheter des fans ou sponsoriser ses publications, très peu pour lui : Lille Mémoire est avant tout un hobby.

Le choix de la plateforme a été une évidence : en 2014, le confort de lecture de Facebook était adapté au projet et « on ne pouvait poster que des images carrées sur Instagram ». Dans sa sélection, le trentenaire veille à mettre en exergue les petits détails de la vie quotidienne : “Ici, vous voyez, c’est la boutique Valentins, rue Neuve, on aperçoit les hauts-de-forme qu’on y vendait à l’époque, dans le coin de l’image”. Ce souci du détail donne l’occasion à ses abonnés de partager leurs anecdotes avec lui. Chaque publication est suivie d’une avalanche de réactions et de partages.

Des fans de tous âges

L’animation et la modération de la page prennent du temps mais cela paie : ce petite espace où l’on se donne rendez-vous trois matins par semaine (« à six heures du matin précisément… je programme mes publications ») a acquis une incroyable popularité en l’espace de trois ans ! Depuis sa mise en ligne, la page rassemble une communauté de plus de 6000 abonnés, souvent surpris d’apprendre que son propriétaire n’est pas un vieux monsieur nostalgique… La réciproque est valable : Kévin a lui aussi été étonné de constater, en consultant ses statistiques, que son audience était à ce point intergénérationnelle. “C’est tant mieux,  je ne voulais pas que cette page soit connotée,  mais qu’elle touche un maximum de Lillois ».

Quand il se balade, rien n’échappe au regard aiguisé de ce passionné de métamorphoses urbanistiques. “Une ville s’observe les yeux levés”, assure-t-il. Le livre "Lille Hier | Aujourd’hui" a d’ailleurs été conçu comme une promenade. Il rassemble des cartes postales pittoresques confrontées à des vues actuelles de la ville, réalisées par Robin Ryckeghem (le “Robin des Toits” lillois, connu sur instagram sous le pseudo mindwide (https://www.instagram.com/mindwide/). Des avant/après qui permettent de mesurer les changements survenus ces dernières décennies dans le paysage urbain.

Quand on lui demande ce que ses élèves et la nouvelle génération retiendront des photos d’aujourd’hui, il  répond "des idées plus que des images. Nous sommes dans une période transitoire, on mesurera les conséquences de décisions prises en observant les images : la place de la voiture en ville, par exemple ! »

A quelle époque aurait-il aimé vivre ? Ce n’est pas à la fin du XIXème, comme on pourrait l’imaginer en scrutant sa page Facebook. « On a tendance à idéaliser la Belle époque : la ville de Lille paraît belle sur les images mais elle était polluée à cause des fumées industrielles, elle n’était pas très saine et sûrement pas agréable à vivre pour tout le monde”. Non, le professeur se verrait plutôt dans les années 20, lorsque “la préservation du patrimoine a commencé à devenir une vraie préoccupation, qu’il a fallu redéfinir, reconstruire et amorcer la construction de la ville moderne”.

Pour des leçons d’histoire à la petite semaine, rendez-vous chez Lille Mémoire : https://www.facebook.com/Lillememoire/



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