Il était une fois... une histoire à partager

Et si nous en profitions pour se raconter des histoires, à partir des oeuvres du Musée

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Une légende flamande, voyage à Anvers

Dans cette toile datée de 1697 "Fête traditionnelle à Anvers", Alexander van Bredael illustre une réjouissance populaire liée aux événements traditionnels des villes flamandes.
Comme chaque année en ce 15 août, en l’honneur de la Vierge Marie - sainte patronne d'Anvers -, un impressionnant “ommegang” (*), cortège à la fois religieux et païen, parcourt la cité et déploie sa magnificence sur la Place du Meir, place principale de la ville. Machineries spectaculaires telle la fabuleuse baleine aspergeant la foule amusée, constructions gigantesques à l’image du navire de la guilde des marins symbolisant la richesse de la cité anversoise mais aussi chars aux sujets profanes comme celui représentant Apollon et les 7 muses du Mont Parnasse animent cette procession festive. Au milieu de cet ensemble, trône un personnage vêtu et casqué tel un militaire romain et dont la légende serait à l’origine du nom de la ville d’Anvers : Druon Antigon. 

Ce géant tyrannique s’était rendu maître du fleuve Escaut, alors incontournable voie maritime et commerciale. Il rançonnait les matelots de passage et coupait la main droite de ceux qui refusaient de payer tribut, avant de la jeter à l’eau. Mais un jour, le guerrier romain Silvius Brabo, cousin de Jules César, s’opposant à cet odieux chantage, parvint à le vaincre en duel. Et, en représailles, il lui coupa les mains et les jeta à son tour dans le fleuve. Grâce à cet acte de bravoure, Silvius Brabo devint pour tous le défenseur et le libérateur de la ville. Ce récit légendaire symbolise la libre circulation des hommes et des marchandises sur l’Escaut et il serait également à l’origine du premier nom de la ville “Hantwerpen” (qui signifie “jeter la main”), avant de perdre son “H” au XVIIe siècle pour devenir communément “Antwerpen”.

Aujourd’hui, ce motif aux “mains coupées” est traditionnellement reconnu comme l’un des emblèmes culturelles de la cité flamande en étant intégré au blason de la ville, mais il est aussi une de ses composantes culturelles grâce aux “Antwerpse handjes” ou main d’Anvers qui donnent forme à de nombreux chocolats, pâtisseries et autres biscuits produits localement.

 

(*) - Ommegang (“omme” autour et “gaen” parcours) terme flamand qui signifie littéralement “aller autour” ou "faire le tour de ...". Il désigne ici une fête religieuse ambulatoire. En effet, il était d'usage, en Flandre, lors de la fête du saint protecteur de la ville, de faire le tour des remparts avec la statue consacrée de ce dernier afin de protéger la cité de tous les fléaux comme les guerres les incendies, la famine, etc 


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