Il était une fois... une histoire à partager

Et si nous en profitions pour se raconter des histoires, à partir des oeuvres du Musée

Partager sur :

Google+

L'Hôpital à l'honneur

Ce tableau, intitulé “ La fondation de l’hôpital Notre-Dame ”, a été peint en 1632. Il est un précieux témoignage de l’esprit de charité et de la physionomie intérieure de l’ancien hôpital Comtesse avant la Révolution. Il résume aussi parfaitement l’idéal hospitalier des siècles passées. 

En arrière-plan, se déploie une vue panoramique de la salle des malades tandis que le premier-plan met en scène les différents protagonistes liés à l’histoire de cette institution charitable lilloise fondée en 1237 par la comtesse Jeanne de Flandre. 

Au centre du tableau, une Vierge couronnée, en robe blanche et manteau bleu, porte l’enfant Jésus dans ses bras. Cette figure mariale est intimement liée à la fondation de l’hôpital qui lui est dédié et qui était initialement nommé hôpital Notre-Dame. A sa droite, la comtesse Jeanne de Flandre porte la maquette d’une architecture, modèle réduit de l’institution hospitalière, elle est le symbole de son acte de fondation. A sa gauche, la comtesse Marguerite de Flandre, soeur de Jeanne, porte fièrement le blason aux armes de la Flandre. A la mort de Jeanne, en 1244, il est probable que les Lillois dénommèrent alors cette “maison” : Hôpital Comtesse, en remerciement de la générosité de cette dernière.

Ce tableau rappelle que les soins et l’accueil des malades revenaient et étaient prodigués par des religieux et des religieuses. Cette institution suit dès le début la règle de saint Augustin qui insiste notamment sur la persévérance dans la charité.Si la mixité animait à l’origine la communauté de l’Hôpital Notre-Dame, les soins seront par la suite uniquement pris en charge par les soeurs. A l’extrémité gauche, le chapitre des frères est précédé par l’évêque Saint Augustin tenant un coeur transpercé par l’amour de Dieu. Les bords de sa chape sont décorés de scènes de l’Evangile qui évoquent les oeuvres de miséricorde constituant les principaux actes de charité : donner à boire aux assoiffés, nourrir les affamés, etc. Au premier plan, un jeune enfant muni d’une coquille illustre la légende de Saint Augustin et l’ange datant du XIIIe siècle ; dans cet épisode, l’ange rappelle à Saint Augustin qu’il est plus facile de vider la mer que de comprendre l’inépuisable mystère de la Trinité. A l’opposé, la communauté des Augustines est surplombée par la figure de sainte Elisabeth de Hongrie. Une bourse d’argent entre les mains, symbole de sa grande générosité envers les plus pauvres, elle renvoie aux gestes charitables auxquels les religieuses doivent s’adonner. 

Le fond du tableau dépeint l’ancien espace de l’hôpital dans lequel étaient accueillis les malades et les pèlerins de passage. Les fenêtres ogivales et l’alignement des lits dans des alcôves rappelle l’espace de la célèbre salle des pôvres de l'Hôtel-Dieu de Beaune en Bourgogne. Comme les statuts de la fondation l’indique, un seul malade occupe chaque lit dont la couverture est ornée du blason de la Flandre. Il était souvent d’usage dans ces maisons d’accueil, que, faute de place, les malades se retrouvent à deux ou trois par lit. Statues religieuses et ex-voto* décorent les murs et insistent sur la place de la religion dans le réconfort des personnes en détresse.

*Ex-voto : Objet ou tableau que l'on place dans une église ou une chapelle en remerciement d'une grâce obtenue.

Voir des oeuvres en lien


Partager la page via les réseaux sociaux :

Fermer