Il était une fois... une histoire à partager

Et si nous en profitions pour se raconter des histoires, à partir des oeuvres du Musée

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En attendant de flâner sur la Grand-Place, un regard sur La Procession de Lille

Ce tableau dépeint la procession de Lille instituée en 1269 par la comtesse Marguerite de Flandre en l’honneur de Notre-Dame de la Treille, sainte patronne de la Ville. Ce défilé s’inscrit dans la pure tradition des cortèges ou “Ommegangen” qui, dès le Moyen Âge, rayonnent dans les villes des Pays-Bas méridionaux. A l’origine, ces cortèges sont exclusivement constitués des communautés religieuses portant les châsses et des confréries, organisations pieuses et charitables, arborant les images de leur saint patron. Mais au fil du temps, ils intègrent progressivement des éléments profanes. Ainsi aux religieux viennent se joindre une composante essentielle de la société, les corporations de métiers, regroupements d’artisans ou de marchands spécialisés à caractère professionnel.

François Watteau réalise cette toile juste à partir de ces souvenirs et croquis d’une des dernières processions qui ont traversé la ville. Cette grande fête disparaît à Lille en 1793. 

Pour sa composition, François Watteau choisit le moment où le défilé traverse la Grand Place de Lille. Celle-ci se présente tel un plateau de théâtre où l’architecture forme décor à la scène principale. Décor de fond avec lequel l’artiste s’autorise notamment quelques libertés pour y faire figurer l’un des bâtiments emblématiques de la ville, le Palais Rihour. Fermant l’espace au sud, on observe l’imposant corps de garde à la façade monumentale et visible à l’extrémité nord, on aperçoit le clocher de l’église Saint Etienne (détruite en 1792) partiellement  cachée par une série de maisons dont celle du Beau Soleil d’Or. A cette époque, la rigueur, l’ordre et le respect de la religion catholique s’accentuent. Le peintre représente alors un cortège qui apparaît comme une ordonnance sage et solennelle où toute trace de spectacles a disparu. La verticalité prédomine et l’expression un peu rigide de la scène reste très éloignée des rassemblements bruyants et festifs d’Anvers décrits dans les oeuvres d’Alexander Van Bredael.

Au premier plan et en tête de cortège, on distingue derrière le fou de la ville, les cinquante-six corps de métiers munis de leurs torches de corporation, une hampe de bois avec au sommet leurs emblèmes sculptés. On remarque ainsi la corporation des poissonniers des mers avec comme symbole une sirène ou encore celle des cordonniers avec un amas de bottes. Derrière eux défilent les quatre compagnies bourgeoises dont les archers et les arbalétriers. Viennent ensuite au pas du tambour-major la musique de la garnison et le clergé des sept paroisses de Lille comme Saint Sauveur.

Enfin, pour donner plus de vie à sa composition marquée par l’austérité, François Watteau s’attache à décrire quelques scènes pittoresques à l’instar de ce porteur de torche ivre et titubant à proximité d’une buvette improvisée (en bas, à droite).

Jouons avec la Procession de Lille


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