Il était une fois... une histoire de Lille à partager

Et si nous en profitions pour se raconter des histoires, à partir des oeuvres du Musée

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Un objet fantastique

Cette torche des Poissonniers d'eau de mer, en bois polychrome et datant de 1691 est exposée dans le dortoir du Musée de l'Hospice Comtesse. Au sommet de la hampe en bois torsadée prône, telle une figure de proue, le personnage hybride de la sirène. Cette torche est un témoignage important de la place privilégiée qu'occupaient les corporations de métiers sous l'Ancien Régime. Chaque regroupement d'artisans étaient notamment présents dans les cortèges processionnels de la ville dans lesquels ils promenaient la torche qui symbolisait leur profession. La société et les cortèges officiels étaient très structurés ainsi, à titre d'exemple, la corporation des poissonniers d'eau de mer étaient en 49e position dans l'ordonnancement de la Procession de Lille de 1709. 

Cette hampe de la corporation des poissonniers d’eau de mer met certainement en scène la fée Mélusine, héroïne du roman de Jean d’Arras “Mélusine ou la noble histoire de Lusignan” composée en 1394 à la demande de Jean de Berry. Ce récit merveilleux inspiré d’un thème populaire raconte les amours d’une fée serpente et d’un mortel qui transgresse le serment qu’elle lui avait imposé.
Fée des sources et des rivières, Mélusine, fille du roi d’Ecosse Elinas et de la fée Présine, est accablée d’un sortilège familial qui fait d’elle, le temps du bain, un être hybride et fantastique sous la figure d’une femme serpent : “Tous les samedis, tu seras serpente du nombril au bas du corps. Mais, si tu trouves un homme qui veuille bien t'épouser et te promettre de ne jamais te voir le samedi, tu suivras le cours normal de ton existence”.

Quelques années plus tard, Mélusine trouve l’amour auprès du Seigneur Raymondin qui bien que mis au fait de ce lourd secret l’épouse envers et contre tout.
Mais un samedi soir, le frère de Raymondin rendant visite aux jeunes époux s’étonne de l’absence de Mélusine et la soupçonne d’être un esprit volage. A l’écoute de cette accusation, Raymondin, aveuglé par la jalousie et la colère, s’empresse de s’assurer que Mélusine est alors bien occupée à prendre son bain. Oubliant sa promesse, il rompt le pacte et découvre avec stupéfaction par une porte entrebâillée que Mélusine est affublée d’une énorme queue de poisson à la place des jambes. Celle-ci, surprise dans sa métamorphose prit soudainement l’apparence d’un reptile ailée et s’envola précipitamment du château en pleurant cet amour à jamais perdu. Désespéré, Raymondin s’isola dans un cloître jusqu’à la fin de sa vie.

Pour retrouver des oeuvres en lien dans les collections en ligne


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