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Touche un peu pour voir

L’odorat, l’ouïe ou encore le toucher pour découvrir des œuvres du musée : le projet est inédit aux Beaux-Arts de Lille.

Copyright : Palais des Beaux-Arts de Lille
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Devant l’imposant tableau de Benjamin Constant, « Le Harem », une dizaine de jeunes tapent sur une derbouka et écrasent du cumin dans un mortier. Une scène plutôt étonnante dans ce palais consacré aux Beaux-Arts !

Ces visiteurs très enthousiastes sont élèves à l’école régionale pour déficients visuels et  à l’institut médico-éducatif La Pépinière, tous deux situés à Loos. Ils ont la chance de bénéficier du projet « Touche un peu pour voir », financé par la fondation IDKIDS. L’institut de réhabilitation de la parole et de l’audition de Ronchin et l’unité Pierre Mâle du service de pédopsychiatrie du CHRU de Lille en profitent aussi.

« C’est une grande première qui permet à des enfants porteurs de handicap d’expérimenter des visites joyeuses et actives », raconte Juliette Barthélémy, chargée des projets de médiation au musée. Le handicap est alors vécu sous le prisme de la compétence.

Les sens pour découvrir

« Nous utilisons la voie sensorielle pour échanger », précise Françoise Caillet, guide conférencière qui accompagne le groupe, « les jeunes présentent des déficiences visuelles de niveau différent, je m’adapte donc aux besoins de chacun ». Elle décrit tous les détails nécessaires à la représentation du « Harem ».

Puis les jeunes se les approprient par le goût, l’odorat ou l’ouïe. Ils écoutent un morceau de Luth et testent le tambourin. Romain « adore cette musique, elle détend ». Son camarade, Alexis, est ravi de goûter une graine de cardamone et de râper un peu de muscade dans sa main. Jérémy, non voyant, peut aussi toucher du doigt les grands éléments de l’œuvre du 19e siècle grâce à une maquette. Fatima, éducatrice à l’ERDV de Loos, a rapporté des tissus en soie ou mousseline et quelques dattes.

Une découverte inédite qui permet ici de palper le monde orientaliste de Benjamin Constant.

Par Valérie Pfahl



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