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Au four et au moulin

Claude Sohet, boulanger fivois, vient de quitter la présidence de la fédération du commerce et de l'artisanat. 

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L’idée de la photo s’est imposée quand il a quitté l’entretien pour aller saluer une cliente qui ne l’avait pas reconnu. « C’est toujours comme ça, commente Claude Sohet, quand je suis en costume de ville, les clients ne me reconnaissent pas. Et j’ai passé ma vie à jongler entre deux costumes ». Celui du boulanger « ouvre toutes les portes, confère une légitimité et un respect ». Et puis il y a le costume du commerçant multi-investi dans la cité.

Ce fut Fives, cela aurait pu être Le Touquet ! Au moment de reprendre une boulangerie, à l’automne 1973, Claude Sohet hésitait entre deux affaires. « Le Touquet c’était la morne plaine, la boulangerie de Fives fourmillait de monde, des ouvriers de Peugeot, Fives Cail fiers de leur travail. J’ai adoré ». La crise économique est arrivée peu après, fermant les usines. L’engagement de Claude Sohet a commencé à ce moment-là, aux côtés de Marisette Comblez, directrice du centre social Mosaïque et de Christiane Bouchart, aujourd’hui élue lilloise à l’économie sociale et solidaire. Création d’un restaurant d’application, soutien d’associations comme Les raisins de Fives et d’ailleurs… Bouleversé par le « drame psychique vécu par les Fivois », Claude Sohet change, de son propre aveu, car « quand on est commerçant artisan, on pédale pour sa propre entreprise, on manque toujours de temps. »

Dès lors, le boulanger multiplie les engagements : conseiller de quartier durant plusieurs mandats, président de l’Union commerciale de Fives, président de la Fédération de la boulangerie, élu à la chambre des métiers et, en 2004, président de la Fédération lilloise du commerce et de l’artisanat (FLCA)… Sous son égide, les animations se multiplient (le marché de Noël, place Rihour, est une de ses grandes fiertés), les actions de solidarité aussi. « J’espère avoir contribué à casser l’image du commerçant tiroir-caisse, à changer le regard des élus et des citoyens sur notre profession », insiste Claude Sohet.

Levé à 2h, couché à 22h, le boulanger a gardé sa flamme. Sa femme, sa fille, son fils David, devenu représentant des commerçants hellemmois, l’ont toujours épaulé. « La famille, c’est primordial », insiste encore ce fils de distributeur en oeufs et beurre, qui a connu la pension. « Donner, faire plaisir, c’est fondamental dans le métier et c’est le tempérament de mon père », commente David Sohet. Des gens qu’il rencontre, Claude Sohet choisit toujours d’oublier les défauts. « Ensemble, on trouve des solutions à tous les problèmes », résume celui qui a défendu si souvent les intérêts des commerçants lillois. Trop bonne pâte pour certains ? « C’est une nécessité de composer pour avancer », répond-t-il. Le commerce et l’artisanat représentent plus de 20 000 emplois à Lille.

« Je me suis battu pour garder ce réseau de commerce de proximité mis à mal notamment par les grandes enseignes, commente l’ancien président de la FLCA, qui a cédé la place à Romuald Catoire. Et je pense qu’il faudra renforcer encore nos liens avec l’économie sociale et solidaire ».

Par Élodie De Vreyer


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