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La Pouponnière se raconte
Grâce aux yeux (et aux oreilles) d’un duo d’artistes touchés par les lieux, la Pouponnière livre des souvenirs liés aux histoires d’enfants qui ont vécu là. À découvrir du 15 octobre au 5 décembre.
L’appel à témoignages de l’équipe de la Pouponnière a porté ses fruits. Avant d’être un espace de création et de recherche artistiques, ces lieux ont accueilli et soigné des enfants malades, porteurs de handicap ou en placement provisoire, entre 1961 et 2014.
Pour partager avec les habitants l’histoire de cette institution dédiée à l’enfance, deux artistes lillois, Naomi Van Niekerk et Arnaud Van Vliet, ont été choisis. La première, cinéaste et artiste visuelle, croise le cinéma d’animation, la marionnette et la scène. Le second est compositeur, designer du son et musicien interprète.
Garder des traces
Pendant plusieurs mois, ils ont mené un travail de collecte d’archives et de récits, dont ceux d’anciens soignants et enfants. « Ce lieu nous a touchés, tout comme l’histoire des témoins, il est précieux d’en garder des traces, » affirme Naomi.
Leur installation visuelle et sonore prend donc la forme d’une « métaphore de la vie qu’il y avait ici autrefois, des joies mais aussi des peines et de la fragilité de l’enfance ».
Leur œuvre rassemble des dessins au fusain ou au pastel, des gravures, des objets interactifs ludiques, des animations stop motion (qui créent l’illusion du mouvement), le tout mis en musique. « Nous avons retenu trois berceuses, « Alouette, gentille alouette », « Promenons-nous dans les bois » et « Au clair de la lune », et nous avons enregistré les interprétations d'enfants de six et sept ans de l’école de musique de Wazemmes, » ajoute Arnaud.
Les habitants participent
« Elles symbolisent l’innocence de l’enfance mais sans cacher la réalité parfois difficile inscrite dans les lieux ». L’artiste a également composé une chanson en latin, dédiée à la mémoire de la Pouponnière, « noli oblivisci », qui signifie « ne nous oubliez pas ».
Autre partenaire : le centre social Marcel Bertrand où des enfants ont été sollicités pour que leurs silhouettes intègrent le court métrage animé.
Et, comme l’équipe s’attache toujours à associer les habitants, et notamment les enfants, un programme d’ateliers est proposé durant la durée de l’exposition.
Par Valérie Pfahl
. Du 14 octobre au 5 décembre, 86 rue des Meuniers, entrée libre.
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