Un peu plus près des étoiles

Inauguré le 8 décembre 1934, l’Observatoire de Lille permet aux chercheurs de faire des mesures d’objets astronomiques et aux étudiants de s’initier à l’observation.

observatoire

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Quand Alain Vienne grimpe jusqu’à la lunette, il retrouve Francis et Michel sous la coupole, occupés à centrer l’engin sur Vénus. Soir brumeux, on ne voit pas grand-chose mais la planète située à plus de 150 000 millions de kilomètres de la Terre brille très légèrement. Bienvenue dans un autre monde ! Alain Vienne, directeur de l’Observatoire et professeur d’astronomie à l’Université de Lille, nous ouvre les portes de ce lieu d’enseignement et de recherche. Ce soir-là, des étudiants en D.U. (diplôme universitaire) consacré à l’univers et sa mesure, y suivent un cours avant de gravir les quelques marches qui mènent à la lunette.

Malgré le ciel plus que voilé, ils vont apprendre à s’en servir. Avec 32,5 centimètres de diamètre et 6 mètres de focale, elle fait partie des plus grandes de notre pays. « Et surtout, elle fonctionne parfaitement, ce qui n’est pas le cas dans d’autres villes de France », remarque Michel. Tout comme Francis, il est membre de l’association Jonckheere – les amis de l’Observatoire de Lille. Ces passionnés chouchoutent la lunette pour qu’elle puisse être utilisée, par les étudiants et les chercheurs, bien sûr, mais aussi par le grand public à l’occasion de portes ouvertes ou des journées du patrimoine. « Manipuler la lunette ne s’improvise pas, il faut connaître précisément les gestes », affirme Michel qui s’est formé sur le tard pour assouvir son intérêt né alors qu’il était gamin.

Mystères et sondes spatiales

Même curiosité pour l’univers et ses mystères ressentie aussi dès l’enfance du côté d’Alain Vienne. Après des études supérieures en mathématiques, il s’est orienté vers l’astronomie. Depuis, il travaille inlassablement sur des questions du type : « comment les planètes se sont posées là où elles sont ? », « est-ce définitif ou pas ? », « les anneaux de Saturne datent-ils de millions ou de milliards d’années ? ».

Pour tenter de percer les mystères de la formation du système solaire qui demeurent toujours mais aussi pour disposer d’informations fiables lors de l’envoi de sondes spatiales, par exemple, lui et ses collègues manient le calcul numérique. Ils sont également amenés à faire des observations, au Pic du Midi, au Brésil, en Chine, et parfois à Lille. « Même si la lunette est située en milieu urbain et pâtit donc de la pollution lumineuse », explique le professeur. Elle n’en demeure pas moins un patrimoine remarquable, propriété de la Ville, inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 2001.

Par Valérie Pfahl

Petite histoire

Avant d’arriver à Lille, la lunette avait été installée à Hem. C’est là que Robert Jonckheere, héritier d’un industriel du textile belge, avait fait construire son propre observatoire, en 1909, pour assouvir sa passion de l’astronomie.  Quand il doit s’en séparer après la première Guerre Mondiale pour des raisons économiques, Albert Chatelet, recteur de l’Académie, décide d’ériger un observatoire plus proche des étudiants, à Lille. La lunette est ainsi rapatriée dans la capitale des Flandres et l’inauguration se déroule en 1934.

L’instrument optique a bénéficié d’une rénovation lancée en 2004 par l’association Jonckheere – les amis de l’Observatoire puis d’une remise en peinture de sa coupole prise en charge par l’Université.


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