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De la Révolution Indistrielle à la Seconde Guerre mondiale

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Lille au temps des révolutions

A la veille de la Révolution de 1789, la prospérité de Lille est en trompe-l’œil. Le textile souffre de la concurrence anglaise et les faillites se multiplient. Le chômage progresse. Malgré les émeutes et l'agitation, Lille n'aura pas véritablement de révolution populaire. La bourgeoisie libérale prend le pouvoir. Mais l'état de grâce de la nouvelle municipalité ne va pas durer. Le climat politique se dégrade et le terrible hiver 1790-1791 annonce l'arrivée d'un contre-pouvoir. Il sera beaucoup plus radical. Là dessus, la guerre. Le 20 avril 1792, l'Assemblée Législative, à Paris, déclare la guerre aux Pays-Bas autrichiens. Lille sera en première ligne. Le 29 septembre, à 15 heures, commence le bombardement. Le siège de Lille durera jusqu'au 6 octobre… Mais Lille tient bon. Pour la saluer, la Convention vote à l'unanimité le fameux décret : « Lille a bien mérité de la patrie ». La colonne de la Déesse est le témoignage de cette reconnaissance.

L'affirmation de la puissance lilloise

Entre 1800 et 1850, Lille bascule dans le monde de l'industrie. Elle entre dans le monde contemporain. Ralentie par la crise révolutionnaire, la vie économique redécolle pendant la première moitié du XIXe siècle.

Longtemps dominée par le négoce, Lille voit le textile s'imposer comme le moteur de sa puissance économique. Délaissant la laine, désormais chasse gardée de Roubaix et de Tourcoing, la ville se spécialise dans le travail du lin et du coton. Ces deux secteurs, en 1850, emploient 85 % des travailleurs lillois. Leur vie est terriblement dure : 80 à 90 heures de travail par semaine pour des salaires de misère, le travail des enfants omniprésent, des logements sordides et insalubres…
Au printemps 1847, 60 % des ouvriers lillois sont au chômage. La colère gronde, la révolte n'est pas loin. Elle éclatera le 12 mai. C'est encore une émeute de la faim, sans idéologie révolutionnaire, sans conscience de classe. Bientôt, il en ira tout autrement…

Lille Capitale provinciale au temps de la puissance industrielle

Entre 1850 et 1914, Lille vit l'irrésistible montée de sa puissance industrielle. Son activité textile est l'une des toutes premières du monde. Logiquement, autour du textile, d'autres filières industrielles, complémentaires, apparaissent. L'essor est foudroyant. La métallurgie de transformation devient rapidement le deuxième fleuron de l'économie lilloise. La capitale des Flandres, grand foyer de commerce, est aussi une grande consommatrice. Ses industries alimentaires se taillent la part belle, mais la palme revient à la confection.

Les premières fabriques de vêtements, fondées dans les années 1850, connaissent un essor constant et prodigieux. Conséquence de la flambée industrielle : les Lillois sont de plus en plus nombreux (75 000 en 1850, 220 000 en 1901). La proche banlieue de Lille connaît un essor considérable, comme Hellemmes dont la population est multipliée par onze en soixante ans !

Une ville toute en contrastes

Au XIXe siècle, les classes dirigeantes sont toutes puissantes, le prolétariat nombreux et pauvre : la fracture sociale est nette. 9 % de la population détient 90 % des richesses.

Les industriels et les professions libérales connaissent une expansion considérable. Le contraste avec la situation de l'immense majorité de la population lilloise est saisissant.

Les ouvriers ne sont pourtant pas les plus à plaindre car, dans ces années-là, on voit apparaître un sous-prolétariat à la dérive : veuves d'ouvriers, chômeurs, retraités sans pension… La fin du XIXe siècle marque la montée de la classe moyenne : artisans, employés et fonctionnaires sont l'embryon d'une société en transformation.
Malgré les inégalités sociales, une grande unité se révèle : riche ou pauvre, le Lillois aime sa ville. Il y règne une énergie exceptionnelle pour penser, vivre et survivre. C'est ainsi que des hommes et des femmes vont se rassembler pour défendre la liberté, la justice et la solidarité. Et c'est par ce chemin difficile que Lille atteindra sa grandeur. Soixante ans !

Lille et les Guerres mondiales

Pendant la Première Guerre mondiale, la ville est occupée par les Allemands d’octobre 1914 à octobre 1918. Durant cette période, elle est en partie détruite par l’explosion du dépôt de munition dit « des dix-huit ponts ».

C'est à Lille que se met en place le principal réseau de renseignement à l'arrière des lignes allemandes. Créé fin 1914, il est dirigé par Louise de Bettignies. Un monument lillois rend d’ailleurs hommage à ses fusillés. Les Anglais, dirigés par le Général Birdwood entrent dans la ville le 17 octobre 1918. La ville est ruinée, son outil industriel et ses infrastructures ont été pillés ou détruits.

La période de l’entre deux-guerres est caractérisée par la reconstruction et une succession de crises conjoncturelles dont la Grande Dépression. La misère est omniprésente lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Le 31 mai 1940, les Allemands prennent la ville. Ils la rattachent à leur commandement bruxellois et non au régime de Vichy. Très fortement marquée par l’occupation de la Première Guerre mondiale, la résistance s’organise rapidement.  Lille est libérée le 1944 par les Britanniques.

La paix et le renouveau lillois

Grâce à son savoir-faire industriel et textile, Lille se reconstruit, mais souffre dès les années 1970 à cause des crises. Dans la dernière décennie du XXème siècle, la ville se modernise considérablement (Euralille, LGV Nord, etc.) et devient un acteur majeur du commerce avec le Bénélux, le Royaume-Uni et le reste du pays.

Aujourd'hui, Lille mise sur les Technologies de l’Information et de la Communication, en étant notamment récompensée par le label « Ville Internet » (2007 et 2010).

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