Le renouveau de la Cité Saint-Maurice

Cette ancienne cité ouvrière est en cours de réhabilitation, un projet de logements porté par la Ville de Lille aussi ambitieux qu'à l'origine de a création de la cité.

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La Cité Saint-Maurice est la plus grande courée lilloise. Son porche monumental et son passage sous voûte débouchent sur des logements organisés autour d’un jardin central. Construite en 1854, cette cité ouvrière est le témoignage des utopies sociales du XIXe siècle. Ce familistère de guise « lillois » avait comme ambition de loger décemment et à petits prix les ouvriers, à une période où Lille est en plein essor industriel et qu’une grande partie de la population vit entassée dans des logements insalubres.

Dans les années 80, la cité est en partie réhabilitée. Mais au fil du temps, de nombreux logements se dégradent et ne répondent plus aux normes actuelles de chauffage ou d’électricité. En 2014, la Ville engage une réflexion sur son devenir. Le choix est fait de conserver ce patrimoine inscrit au Patrimoine architectural et environnemental de la Ville de Lille. Les travaux ont démarré en 2019 et s’achèveront au second semestre 2022. La rénovation aura été totale et aussi ambitieuse qu’à l’origine de la création de la cité. Tout en respectant le patrimoine, les habitations sont rénovées niveau BBC (bâtiment basse consommation), avec une isolation performante des dalles, toitures et murs intérieurs. Le choix s’est porté sur une chaufferie collective au bois. L’ensemble des réseaux a été entièrement refait, tout comme le pavage extérieur, autour d’un jardin collectif en cœur d’îlot.

Un peu d'histoire

Des hauts plafonds, de grandes fenêtres, de la pelouse, un restaurant collectif, des lavoirs, des bains… Lors de sa construction, c’est une cité « grand luxe ». Elle représente la naissance de la politique du logement. Le point de départ de la cité, c’est le décret de Napoléon III en 1852. Il ouvre des subventions aux particuliers pour la construction d’habitats ouvriers de qualité. André-Placide Fontaine Guichard en profite pour lancer la construction sur d’anciens vergers. En plus d’améliorer les conditions de vie des classes ouvrières, la particularité, ici, est que la cité mixe des maisons et un immeuble avec des appartements. Dessiné par l’architecte François Colpaert, également l’auteur de la voûte du restaurant Alcide sur la Grand’Place, le projet voit sortir de terre des maisons, un immeuble pour les célibataires et des latrines. Les premiers locataires, triés sur le volet, emménagent à la fin de l’année 1856. Leur loyer s’élève à 10 francs par mois, un prix modéré, puisqu’une chambre insalubre ou une cave coûtaient 6 francs par mois. Le règlement intérieur est strict : obligation de présenter un acte de mariage pour les couples mariés, interdiction d’étendre du linge, d’installer des pots de fleurs aux fenêtres ou d’avoir des animaux domestiques. Il faut également être rentré chez soi avant 23 heures !

Par Sabine Duez

Le projet d’aménagement a été confié à la SPLA La Fabrique des quartiers. Il favorise la mixité sociale et la réhabilitation de haut niveau. Au final, il y aura 50 logements : 41 aux bailleurs sociaux Partenord et Soliha (certains locataires se réinstalleront sur le site à la fin des travaux). 9 maisons appartenant à la Ville, vendues en accession aidée sous le statut de bail réel solidaire. Ce dispositif permet d’acquérir son logement à un prix moins cher que celui du marché. Seul le bâti est acheté, le foncier est, quant à lui, loué. Et 10 autres maisons de propriétaires bailleurs ou occupants, dont quelques-uns sont restés sur place durant les travaux. Plus d’infos sur les opérations en bail réel solidaire : ofsml.fr


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