Voir et être vu : bien s’équiper à vélo, en trottinette et à pied

À l’automne et en hiver, les déplacements se font plus souvent dans l’obscurité ou par faible luminosité. Éclairage, vêtements réfléchissants, catadioptres… Quels équipements choisir pour être visible ? Et que dit la réglementation ? Voici les bons réflexes pour se déplacer en sécurité à vélo, en trottinette électrique ou à pied. 

© Guilhem Fouques / DICOM-Ville de Lille

Sommaire

1. Ce que dit le Code de la route
2. La visibilité ne se résume pas à la puissance
3. Quels équipements choisir ? 
4. Les bons réflexes avant de partir
5. Les prochains événements sur la thématique

1. Ce que dit le Code de la route 

À vélo : des feux et des catadioptres obligatoires 

Un vélo doit notamment être équipé d’un feu avant blanc ou jaune, d’un feu arrière rouge, de catadioptres (1 blanc à l’avant, 1 rouge à l’arrière, 2 oranges sur chaque pédale et 1 orange sur chaque roue, sauf si les pneus disposent de bandes réfléchissantes). Les feux ne doivent pas être utilisés en mode clignotant. 

Le gilet de haute visibilité est obligatoire hors agglomération, la nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante. En ville, il n’est généralement pas obligatoire, mais reste recommandé lorsque l’on circule au milieu des véhicules motorisés. 

En trottinette électrique : des équipements également imposés 

Les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) doivent notamment disposer de feux avant et arrière, de dispositifs rétroréfléchissants, d’un avertisseur sonore. 

La nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante, le conducteur doit porter un gilet de haute-visibilité ou un équipement rétroréfléchissant équivalent. Les feux intégrés à la trottinette doivent rester fonctionnels et ne pas être masqués par un sac ou des vêtements. 

Un éclairage supplémentaire peut être utile en cas de panne, mais il ne remplace pas les équipements obligatoires de l’engin.  

À pied : pas d’obligation générale, mais des précautions utiles 

Les piétons qui se déplacent seuls ne sont généralement pas tenus de porter un gilet fluorescent ou une lampe. Pourtant, sur une route non éclairée, des vêtements sombres peuvent les rendre difficiles à repérer. 

Un brassard, un gilet ou des bandes rétroréfléchissantes sur les bras, les jambes ou le sac permettent d’améliorer leur visibilité. La lampe frontale est également utile pour voir les obstacles, à condition de diriger le faisceau vers le sol afin de ne pas éblouir les personnes qui arrivent en face. 

Pour les groupes de marcheurs circulant sur la chaussée hors agglomération dans des conditions de basse luminosité ou de nuit, il conviendra de s’équiper de lumières détectables à 150m. La règle est que le premier marcheur porte une lumière blanche à l’avant, et que celui qui ferme la marche ait une lumière rouge fixée dans son dos.   

2. La visibilité ne se résume pas à la puissance 

Réfléchissant ou fluorescent : deux fonctions complémentaires 

Les matières fluorescentes, comme le jaune ou l’orange fluo, attirent l’attention en journée et lorsque la lumière ambiante reste suffisante. Les matériaux rétroréfléchissants, eux, renvoient vers leur source une grande partie de la lumière reçue. Ils sont donc particulièrement utiles la nuit, lorsqu’ils sont éclairés par les phares d’un véhicule. 

Les deux technologies se complètent : le fluorescent aide à être repéré dans la pénombre, tandis que le rétroréfléchissant prend tout son intérêt dans l’obscurité. 

L’emplacement des bandes réfléchissantes compte aussi. Des éléments placés sur les chevilles, les genoux ou les poignets rendent les mouvements plus faciles à reconnaître. Une étude publiée en 2013 dans la revue Accident Analysis & Prevention a notamment souligné l’intérêt des éléments rétroréfléchissants placés sur les articulations mobiles des cyclistes. 

Le gilet haute visibilité reste une solution simple, mais des bandes intégrées à une veste, un pantalon, des chaussures ou un sac peuvent également être efficaces. 

Lumens, lux : comment choisir son éclairage ? 

Les fabricants mettent souvent en avant les lumens (lm), qui mesurent la quantité totale de lumière émise par une lampe, mais ce chiffre ne suffit pas à lui seul à évaluer les performances d’un phare. 

Le lux (lx) mesure l’éclairement reçu par une surface : il indique la quantité de lumière qui atteint une zone donnée.  

Deux phares affichant le même nombre de lumens peuvent donc produire des résultats très différents. Un faisceau large diffuse la lumière sur une grande zone, tandis qu’un faisceau plus concentré éclaire davantage une zone précise. Tout dépend aussi de la qualité de l’optique et de l’orientation du phare. 

Éclairer sans éblouir 

Certains phares utilisent une optique à coupure, ou cut-off. Comme les feux de croisement d’une voiture, ils dirigent la lumière vers la chaussée tout en limitant celle qui part au-dessus de l’horizon. 

Cette conception est particulièrement intéressante sur les routes partagées, car elle réduit le risque d’éblouissement. À l’inverse, un éclairage très diffus ou orienté trop haut peut gêner les autres usagers, même lorsque sa puissance est réduite. 

Pour un déplacement courant à allure modérée, pouvoir distinguer les obstacles à environ 10 à 15 mètres constitue un repère pratique, et non une norme universelle. Il faut davantage de marge lorsque l’on roule vite, sur une route sinueuse ou par mauvais temps. 

Le bon réflexe : choisir un faisceau adapté à son trajet et l’orienter vers la chaussée, pas vers les yeux des autres usagers. 

3. Quels équipements choisir ? 

Les éclairages : adapter la puissance à son usage 

Le choix d’un phare avant dépend surtout de l’environnement et de la vitesse. 

  • En ville, sur des rues éclairées : un éclairage modéré, bien orienté et doté de plusieurs niveaux d’intensité peut suffire. 
  • Sur des pistes cyclables ou des routes peu éclairées : privilégier un faisceau permettant de repérer les irrégularités de la chaussée et les obstacles à temps. 
  • Sur des routes de campagne ou à vitesse plus élevée : choisir un éclairage plus performant, avec une portée pouvant aller jusqu’à 30m et une bonne répartition de la lumière. 
  • Pour de longs trajets quotidiens : tenir compte de l’autonomie, de la résistance à la pluie et de la facilité de recharge. 

Mieux vaut ne pas se fier uniquement aux lumens annoncés : consulter des essais comparatifs du faisceau réel est souvent plus instructif.  

Batterie : attention au froid et à l’autonomie annoncée 

L’autonomie dépend du niveau d’intensité utilisé, de la température, de l’âge de la batterie et des conditions d’utilisation. La durée maximale affichée par le fabricant correspond parfois au mode le moins énergivore, voire à un mode clignotant qui, comme nous l’avons vu précédemment, est interdit par le code de la route. 

Le froid peut également réduire les performances des batteries. Pour éviter de se retrouver sans lumière, il est préférable de conserver une marge d’autonomie, de recharger régulièrement son équipement et, pour les trajets longs, de prévoir une lampe de secours. 

La dynamo : une solution pour les vélos utilisés toute l’année 

La dynamo produit de l’électricité grâce à la rotation de la roue. La dynamo bouteille, qui frotte contre le pneu, est simple mais peut être bruyante et sensible aux conditions humides. La dynamo moyeu, intégrée à la roue, est généralement plus discrète et confortable. 

Pour les déplacements quotidiens, elle constitue une solution pratique qui évite de dépendre d’une recharge régulière. Certains systèmes maintiennent également l’éclairage quelques instants lorsque le vélo est à l’arrêt.  

Les petits équipements qui font la différence 

Plusieurs accessoires permettent de compléter efficacement les équipements obligatoires (sans s'y substituer) : 

  • Batônnets de rayons : ces petits réflecteurs à fixer sur les rayons des roues améliorent encore la visibilité latérale du vélo. Cependant si vous roulez par tous temps, ou dans des environnements poussiéreux, il faudra veiller à ce qu’ils restent propres ; et de manière générale contrôler régulièrement qu’ils restent correctement fixés. 
  • Brassards et serre-pantalons réfléchissants : faciles à transporter, ils améliorent la visibilité des bras et des jambes. Le serre-pantalon évite également que le tissu ne se tâche ou ne se prenne dans la transmission. 
  • Éclairage sur le casque : certains casques sont équipés d'origine d'un éclairage arrière ou disposent d'attaches permettant d'en ajouter un. Par leur position haute, ces feux permettent d’augmenter les chances d’être vu ou de voir des obstacles en hauteur (branches).  
  • Ecarteur de danger : ce bras orange fluo qui se déplie sur le côté du vélo est muni d’un catadioptre rouge. En plus d’inciter les automobilistes à s’écarter lors du dépassement, cet élément participe à se rendre plus visible.  
  • Feu stop : autorisé en complément sur les cycles et les EDPM depuis novembre 2024, il peut signaler un ralentissement aux usagers qui suivent. Certains modèles détectent la décélération et augmentent temporairement leur intensité. 
  • Pneus avec bande réfléchissante : un élément léger et discret qui peut faire la différence. Un nettoyage régulier est indispensable, car les pneus s’encrassent vite.  

Pour les piétons, un gilet haute visibilité ou quelques bandes rétroréfléchissantes sur les vêtements et le sac sont des solutions simples, notamment hors agglomération. 

4. Les bons réflexes avant de partir 

Avant un trajet dans l’obscurité, quelques vérifications suffisent : 

  • Contrôler le fonctionnement des feux avant et arrière. 
  • Orienter le phare vers la chaussée pour limiter l’éblouissement. 
  • Vérifier que les catadioptres et les éléments réfléchissants sont propres et visibles. 
  • S’assurer que la batterie dispose d’une autonomie suffisante, en tenant compte du froid. 
  • Adapter sa vitesse à la portée de l’éclairage et aux conditions météorologiques. 

Voir, être vu… et laisser le temps de réagir 

Aucun équipement ne garantit à lui seul la sécurité. Une lampe puissante ne compense pas un mauvais réglage, et un vêtement fluorescent ne suffit pas toujours dans l’obscurité. 

La meilleure approche consiste à combiner un éclairage adapté, des éléments rétroréfléchissants bien placés et une conduite prudente. L’objectif n’est pas d’accumuler les lumières, mais de rendre sa présence compréhensible pour les autres usagers, suffisamment tôt pour qu’ils puissent réagir. 

À vélo, en trottinette ou à pied, voir et être vu sont deux réflexes indissociables : bien voir permet d’anticiper ; être vu permet aux autres de nous éviter. 

5. Les prochains événements sur la thématique  

Pour sensibiliser au sujet, la Maison de Mobilité Durable organise Lille'Uminée, une balade festive et lumineuse ouverte aux vélos, rollers, skates et trottinettes. En savoir +

Chaque automne, l'ADAV mène des "Opérations éclairage" au cours desquelles elle sensibilise au port d'équipements de visibilité et distribue des kits éclairages. L'agenda est à retrouver sur cette page : https://droitauvelo.org/Operations-eclairage-2026  

Jusqu’au 30 novembre, l’association Prévention Routière organise « Les semaines Lumière et Vision » ; des actions de sensibilisation dans toute la France. Elle sera notamment le 2 novembre à Villeneuve-d’Ascq, le 3 à Tourcoing et le 6 sur la place François Mitterrand pour le départ de Lille’Uminée, car depuis 2025, la ville de Lille a été récompensée par le label Ville Prudente décerné par l'association. 

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