Palais des Beaux-Arts : le premier étage réinventé

Le musée lillois vient de réaménager et d’embellir ses galeries situées au premier étage. Quoi de nouveau ?

Dans la nouvelle galerie, "Inspirations du lointain".

Certaines œuvres, déjà exposées, ont intégré une nouvelle scénographie. D’autres ont été sorties des réserves et restaurées pour être présentées. 

Des peintures mais également des meubles, des sculptures et des objets d'art s’offrent à la vue des visiteurs. Et à leur compréhension aussi, avec des cartels remaniés pour être encore plus pédagogiques.

Les murs ont pris de nouvelles teintes et des aplats de couleurs rythment le parcours. 

Une nouvelle expérience

Les œuvres picturales ont été accrochées plus à hauteur de regard, donnant au visiteur la sensation de pénétrer davantage dans un paysage, d’être mieux associé à un événement ou de saisir au plus près une émotion.

Ce réaménagement du premier étage du musée s’inscrit dans le cadre du Projet Scientifique et Culturel initié dès 2017. Objectif : réinventer l’expérience pour la moderniser, l’enrichir, la rendre plus confortable et accessible.

Après un mois de travaux, les galeries de ce premier étage ont rouvert leurs portes, découpées en grandes thématiques. 

Et la métamorphose se poursuit dans les salles restantes (Écoles du Nord, France du XVIIe siècle et France du XVIIIe siècle, et XIXe siècle) pour proposer, là encore, une expérience de visite modernisé et plus stimulante d’ici 2028.

 

Imaginaire venu d’ailleurs

Parce qu’elle est nouvelle, commençons par la galerie baptisée Inspirations du lointain. « À partir du XVIe siècle, le développement du commerce mondial, les missions religieuses et les avancées scientifiques ont ouvert de nouvelles voies terrestres et maritimes », raconte Frédéric Mougenot, conservateur au PBA. 

« Les rencontres avec d’autres civilisations, plus lointaines, ont contribué à enrichir les arts européens ». Et le professionnel de nous montrer un coffre décoré de laque et de centaines d’éléments de nacre, sorti des réserves et restauré.  « Il a été fabriqué au Japon, détenteur de ce savoir-faire, pour l’usage d’un riche commanditaire européen », précise-t-il.

Attirer l'oeil et interroger

Un peu plus loin, une expérience invite le visiteur à déjouer les imitations, par des artistes européens, de la porcelaine de Chine, très prisée alors. 

« Nous nous sommes attachés à expliquer, à attirer l’œil, à montrer la diversité, à nous interroger aussi sur des clichés aussi que certains artistes, sans le vouloir, véhiculaient par leurs représentations », ajoute Frédéric Mougenot. Comme avec l’œuvre « Homme de Tombouctou », d’Arthur Strasser, un buste présenté comme un portrait fidèle d’un malien alors qu’il s’agit sans doute d’une fiction « destinée à exciter l’imagination des Européens »…

Les autres galeries

. Les Provinces Unies, ou Pays-Bas du Nord, prospèrent au XVIIe siècle. Cette opulence est célébrée dans les portraits de famille, les scènes d’intérieur et même les paysages de ce petit pays. 

C’est aussi l’âge d’or au cours duquel se développe la céramique.

Sorti des réserves, un magnifique traîneau de promenade trône au milieu de la galerie, évoquant richesse et plaisir de la glisse.

 . L’Italie et l’Espagne se partagent un espace, découpé en deux. 

Avec, d’un côté, des chefs-d’œuvre d’artistes vénitiens du XVIe siècle qui constituent l’essentiel du fonds de peintures italiennes du Palais. 

Et, de l’autre, des toiles représentant l’École espagnole, dont les célèbres La Lettre, dit Les Jeunes et Le Temps, dit Les Vieilles, de Francisco de Goya. Elles étaient déjà là, le visiteur les redécouvre dans ce nouveau parcours.

. La galerie consacrée à l’Impressionnisme déploie des peintures d’artistes dits « de plein air » à l’heure de l’essor de la photographie au XIXe siècle. 

. Et celle dédiée au Symbolisme dévoile quelques trésors puisant leurs sources dans le rêve et l’ésotérisme, dont Le Sommeil, de Puvis de Chavannes, considéré comme le premier tableau symboliste de la peinture française. Ou encore un incroyable parement de cheminée constitué de 154 pièces de céramique, figurant deux héros de la culture populaire russe et ukrainienne.

Et, bien sûr, beaucoup d’autres œuvres portées au regard et à la connaissance des visiteurs de façon renouvelée !...

À noter que ces galeries du premier étage sont aussi actuellement enrichies, et jusqu'au 8 mars 2027, par les oeuvres de l'artiste américaine Sheila Hicks, reconnue pour son utilisation pionnière de la fibre textile. 

Par Valérie Pfahl

Toutes les informations pratiques sont ici. 



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