À la rencontre de Médé, mangaka

Médé écrit et dessine des mangas. Il raconte aux Lillois sa passion pour la bande dessinée japonaise et partage quelques « ficelles » de son art.

Médé à la médiathèque de Lille-Sud pour partager la création d'un yonkoma, manga en quatre cases @ TLP

Depuis janvier, Médé  va à la rencontre d’élèves de CE2, CM1 et CM2 d’une quinzaine de classes, pour des séances de découverte et de partage. Le mangaka a été sélectionné pour une résidence artistique en milieu scolaire (ARTS). 

« En amont, nous proposons une présentation ludique, avec la vie de Médé en BD géante, et des repères sur le vocabulaire de la bande dessinée, les particularités du manga et le fonctionnement de la chaîne du livre », précise Stéphanie Curnelle, chargée d’action culturelle au Plan Lecture de la Ville.

Déclic au Cameroun

 « Ces rencontres me ramènent à mon enfance, quand j’ai commencé à dessiner à l’âge de 9 ans », raconte Médé. « Au Cameroun, où je suis né, je n’avais pas accès aux livres papier ».

Puis, tout est parti de Dragon Ball Z. « Un jour, un ami est venu à l’école avec le tome 37 », se souvient-il, « il était abîmé par le transport en grandes caisses, mais peu importe !  Avec quelques copains, nous nous sommes lancés dans des battles de dessin ». Médé crayonnait des heures et des heures pour s’améliorer. 

 « En classe de 3e, j’ai décidé d’en faire mon métier, mais en Afrique, le monde artistique n’était pas une projection professionnelle », affirme-t-il. 

Du design à l’autoédition

Médé passe son adolescence au Sénégal et entreprend des études dans la communication et le design graphique. Et c’est à Lille qu’il arrive en 2018 pour terminer son cursus universitaire.

Il découvre alors les grandes librairies et les bibliothèques où il passe son temps libre plongé dans des mangas. 

Il gagne un concours de bande dessinée du CROUS. Il collabore avec la maison d’édition locale « La boucle du dessin » pour publier l’histoire de la coopérative « L’Union de Lille », dont il reste une magnifique façade dans le quartier de Moulins. Il travaille comme responsable de communication dans un centre social.

C’est en 2025 qu’il décide de se lancer dans le grand bain de l’autoédition, en publiant les deux premiers tomes de sa série Cages. Les conflits de territoires et les rapports de force se règlent à coup de matches de basket sur ces terrains extérieurs. Souvent entourés de grillages, ils évoquent des cages. Médé y pratique lui-même ce sport régulièrement.

Yonkoma pour tous !

Bien sûr, ses mangas, il les présente aux écoliers. Au grand public aussi, invité à découvrir son exposition dans l’une des médiathèques de la ville (*), et à participer à un atelier. 

Il va également à la rencontre de collégiens de Lévi Strauss, d’élèves de l’Institut Médico Éducatif La Roseraie, de jeunes hospitalisés en santé mentale au CHR, de résidents de l’Ehpad les Camanettes, à Fives, entourés d’une classe de l’école Lakanal.

Et tous ont pour mission de réaliser un Yonkoma. « Il s’agit d’un manga en quatre cases, l’équivalent d’un comics américain mais avec les codes japonais », explique Médé. De quoi permettre à chacun de se l’approprier et de faire partie de cette belle aventure lilloise.

 Par Valérie Pfahl

Exposition à la médiathèque de Wazemmes jusqu'au 14 mars, puis à la médiathèque de Saint-Maurice Pellevoisin du 17 au 31 mars.

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