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Histoire de l'église Saint-Maurice

L'église Saint-Maurice, à deux pas de la gare Lille Flandres et de la Grand'Place, a été érigée de la fin du 14ème siècle à la fin du 19ème siècle sous la forme d'une église-halle dont les vaisseaux sont de même hauteur et de même largeur.

Façade de l'église Saint-Maurice de Lille-Centre.

L’église Saint-Maurice est un édifice majeur dans l’histoire de Lille. Elle fait partie des cinq églises classées au titre des Monuments Historiques. Vous avez certainement dû passer devant une ou plusieurs fois, sans forcément lever les yeux... Alors voici l'histoire de Saint-Maurice !

Le nom de la paroisse tirerait ses origines de la dédicace faite à Saint Maurice d’Agaune, chef de la légion Thébaine (de Thèbes en Egypte) et de foi chrétienne. Sa légion et lui même furent passés au fil de l’épée en 287 pour avoir refusé de sacrifier aux dieux romains et de persécuter d’autres chrétiens.

Les travaux au fil des siècles

XIVe - XVIIe 

De l’édifice roman du 10ème - 12ème siècle, il ne reste plus aucune trace apparente. Peu de documents subsistent notamment à cause de l’incendie qui ravage en 1917 l’hôtel de ville, anciennement situé place Rihour, et détruit une bonne partie des archives municipales. La rareté des sources explique la difficulté à établir une chronologie précise pour les périodes antérieures au 17ème siècle.

C'est au dernier quart du XIVème siècle que l’église antérieure - dont on ne trouve plus aucune trace écrite - est remplacée par une nouvelle « église-halle » ou « hallekerque » : une église dont la nef et les collatéraux sont de largeur et de hauteur égales et communiquent entre-elles sur toute la hauteur.

De cette église-halle subsistent les deux dernières travées de la nef et les trois travées centrales du transept. Le chœur, avec ses collatéraux, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes, est érigé de 1420 à 1431.

Le clocher et les deux premières travées de la nef sont construits autour de 1462, donnant un plan général à trois vaisseaux et deux chapelles.

Il faut attendre les grands travaux du 17ème siècle pour que le plan passe définitivement à cinq vaisseaux. 

XVIIe siècle

Au 17ème siècle, une grande campagne de travaux est menée dans le respect, propre à la région, du style antérieur ogival. Ces travaux sont justifiés par l’accroissement de la population à l’occasion des agrandissements des limites de la ville de 1603 et 1617.

Ils débutent en 1615 pour se terminer en 1661 par la reconstruction du jubé, une tribune transversale en forme de galerie qui sépare le chœur de la nef. L’édifice est alors homogène, entièrement voûté en pierre à même hauteur, illuminé par de grandes baies ornées de vitraux et pourvu d’une tour lanterne en bois éclairant la croisée du transept.

Cette lanterne sera ensuite déposée en 1806.

1849-1867 : phase 3 des travaux

Au sortir de la Révolution Française, l’édifice est particulièrement délabré. Après plusieurs travaux d’urgence dont la démolition, en 1826, du clocher du 15ème siècle, la Ville opte pour l’aménagement, l’agrandissement et la mise en valeur de l’église Saint-Maurice. Le centre ville sera ainsi pourvu de la plus vaste église de Lille avant l’érection de la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille.

C’est le projet de l’architecte Philippe Canissié qui est retenu en 1855. Il prendra plus de trente années à être réalisé, avec notamment des expropriations, le dégagement des bâtiments accolés, la suppression des murs séparatifs des chapelles latérales, la reconstruction de baies et des voûtes du chœur, les magnifiques sacristies du chevet (livrées en 1863), l’agrandissement des nefs, la construction d’un clocher et la création d’un parvis suite à l’arasement d’un îlot d’habitations.

L’église est entièrement remodelée et restaurée. Le résultat est si homogène qu’il est fort difficile de faire la part de ce qui est ajouté, reconstruit, transformé ou simplement réparé. Seule pièce manquante, la reconstruction de la tour lanterne de la croisée du transept, démontée au 18ème siècle.

Les restaurations récentes

1892 « Eglise Saint Maurice » – Bibliothèque municipale de Lille.

Le massif occidental (la façade rue de Paris (aujourd'hui rue Pierre Mauroy) et le clocher) n’a pas été restauré depuis sa construction en 1869/75. En 1930, soit 55 ans après son achèvement, cet ouvrage est échafaudé pour être restauré, mais faute de budget, les travaux ne sont par entièrement réalisés.

> De 1995 à 2001, trois campagnes de travaux sont menées par Etienne Poncelet et Vincent Brunelle, architectes en chef des Monuments Historiques, pour assurer une mise en sécurité générale avec vérification de la flèche et réparation de l’araignée métallique. La façade en elle-même est nettoyée, vérifiée et ponctuellement restaurée sur ses parties les plus dégradées.

> En 1995/96 la restauration des sacristies et de leur ornementation, sous la direction d’Etienne Poncelet architecte en chef des Monuments Historiques, a permis de tester à Lille le nettoyage des sculptures par balayage laser.

Toits de l'église Saint Maurice.

> De 2001 à 2011, dans le cadre de Lille 2004 Capitale Européenne de la Culture, Vincent Brunelle, architecte en chef des Monuments Historiques a assuré, en plusieurs tranches, la restauration des élévations latérales et arrières ainsi que l’ensemble des charpentes et couvertures redonnant une belle allure à l’édifice et une nouvelle vie à une charpente pluriséculaire.

> Plusieurs campagnes de restauration ont été récemment menées sur l’édifice. Ces interventions et purges régulières, dont la dernière a eu lieu en février 2013, ne permettent pas d’empêcher la chute d’une pierre, sans signe avant coureur, en juin de la même année. Par sécurité, la Ville de Lille décide alors de fermer le parvis au public. Le clocher sera à nouveau visible en avril 2015.

Premier Monument Historique de Lille

En 1837, Prosper Mérimée, « l’inventeur des Monuments Historiques », sollicite des préfets la liste des monuments de leur département dont ils estiment la restauration prioritaire. En tout, 1 082 propositions sont faites dont quatre pour le Nord : la pyramide de Fontenoy à Cysoing, le beffroi de Dunkerque, les ruines romaines de Famars et, à Lille, l’église Saint-Maurice - une église-halle à cinq nefs couplée avec un déambulatoire-association dont la rareté est peut-être l’une des raisons du choix de 1840.


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