Traceur de villes

Vincent Lelièvre, dessinateur urbain, revisite façades, rues et monuments, mêlant imagination et réalité pour offrir un regard unique sur la ville.

Photo Thomas Lo Presti

Son parcours

Né en 1977, Vincent Lelièvre a toujours été passionné par l’architecture. À 14 ans, adolescent timide, il noircissait des feuilles de villes tentaculaires. « À tel point que mes parents trouvaient ça bizarre. Je dessinais des cités imaginaires, des villes idéales où je m’évadais. Je m’inventais un monde. » Il n’a pas fait les beaux-arts ni d’école d’architecture. « J’ai progressé tout seul. À force de dessiner, je me suis perfectionné. 

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Galerie habitée

Sa maison est aussi sa galerie qu’il fait visiter sur rendez-vous. « Venir chez moi, c’est entrer dans mon univers, comprendre mon processus de création. Pour ceux qui achètent mes œuvres, ce contact privilégié est un plus. »

Il partage surtout son travail sur Instagram avec ses 46 000 abonnés. « Il y a dix ans déjà et le succès a été immédiat. » Cette visibilité accrue fait voyager ses œuvres dans le monde entier. Des « morceaux » de Lille, comme les façades du Vieux-Lille ou le quartier d’Euralille réinventés, se retrouvent aux quatre coins de la métropole lilloise mais aussi dans le désert australien, aux Pays-Bas ou en Arabie Saoudite.

Toujours apporter de la nouveauté, tel est le jeu des réseaux sociaux. Alors Vincent ne manque pas d’idées qui lui viennent de ses rencontres, d’objets qu’il découvre ou de ses balades urbaines le nez en l’air. « Je propose parfois une chasse au trésor en cachant un dessin dans l’espace public, puis je donne des indices sur Instagram. La dernière fois, c’était près de la gare Lille Europe. J’ai attendu à proximité pour voir la joie sur le visage de celui qui l’a trouvé ! »

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Sa technique

La baguette magique de l’artiste, c’est une règle en métal pour tracer les traits et des Rotring aux pointes de différentes épaisseurs. C’est tout ! La technique est restée la même au fil des années, mais le style a évolué : plus graphique, avec du mouvement. Avec toujours cette préférence pour le noir et blanc, même si, ici et là, quelques touches de couleurs apparaissent. Son travail, d’une extrême précision et un grand sens du détail, va du plus petit format aux murs entiers. Pas de calque, l’artiste travaille sans filet et « attaque » directement sur le support : du papier, un objet du quotidien (vases, gobelets, etc.) ou même un visage. « J’ai fait ça une fois, lors d’une expo, c’était une œuvre éphémère ! »

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Ses projets

2026 sera une année chargée : en juin, La Poste éditera son premier timbre à 800 000 exemplaires. L’occasion d’acquérir une œuvre à moins de deux euros ! Chose importante pour lui de rendre l’art accessible à tous.

Il participera pour la première fois à Solid’Art (à l’hôtel de ville, où les œuvres sont vendues au profit du Secours Populaire) dont il sera le parrain, et prépare de belles surprises aux visiteurs. 

Comme chaque année, Vincent sera aussi présent à l’expo du 111 des Arts (où les œuvres de 111 artistes sont vendues 111 euros dont la moitié est reversée au profit de la recherche sur les cancers des enfants).

Certaines de ses œuvres sont visibles dans l’espace public : comme la fresque de 10 mètres dans la nouvelle Cité administrative Marianne située Porte des Postes, et un plan de Lille dans la gare Lille-Flandres. Des halls d’entrée d’immeubles résidentiels portent aussi sa marque. « Je dessine avant tout pour moi avant de le faire pour les autres. C’est mon moment de liberté, d’évasion. Le jour où ça ne sera plus le cas, ça ne fonctionnera plus. »

Par Sabine Duez

. Plus d’infos : vincentlelievre.com 



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