Une journée à la Maison du don

500 000 personnes bénéficient chaque année d’une transfusion sanguine en France. Autant de vies sauvées grâce à la générosité des donneurs. Du donneur au receveur, quel est le parcours du sang après un don ? 

Photo Daniel Rapaich

9h

La Maison du don, avenue Charles Saint-Venant, ouvre ses portes. Des volontaires attendent pour donner leur sang. Les globules rouges, le plasma ou les plaquettes : en un prélèvement, on obtient les trois composants. Cette Maison du don à Lille est le premier site de prélèvements de France avec 40 000 dons par an. La région est la plus généreuse de France.

9h15

Xavier est un donneur régulier. « Donner mon sang est une évidence pour moi parce qu’il en faut. Ça aide les autres. Et en plus, c’est simple et vite fait. ». Capucine, médecin, le reçoit pour un entretien médical avant qu’il ne passe à l’étape du prélèvement. Des tubes-échantillons sont d’abord remplis pour être analysés, puis le sang alimente une poche d’environ 400 millilitres. Des codes-barres sont ajoutés pour assurer la traçabilité du produit. Vingt minutes plus tard, Xavier se dirige vers l’espace collation avant de se rendre au travail.

10h

Sylvie donne son plasma depuis l’âge de 18 ans. Pour elle, le don prend un peu plus de temps. Environ 45 minutes. L’occasion de trier ses photos, d’écouter sa playlist ou de lire un peu. La prise de rendez-vous facilite sa démarche. « Donner mon plasma me rend toujours très fière car je fais une bonne action. Je me dis que, si demain il devait m’arriver quelque chose, je serais contente de pouvoir bénéficier d’une transfusion grâce à un donneur bénévole. »

13h

Le sang « total » n’est jamais transfusé à un malade. Les globules rouges, le plasma et les plaquettes qui le composent sont séparés. Le patient ne recevra que ce dont il a besoin.

Pour cette étape dite de préparation, une navette quitte la Maison du don avec les poches de sang, direction un plateau technique de préparation situé à Lille, dans lequel 1 000 poches sont traitées chaque jour. Avec le sang, tout est une question de temps. Il doit être traité dans les 24 heures après le prélèvement. Des équipes se relayent de 6h30 à 21h30, sept jours sur sept. L’automatisation est faible, l’humain est au cœur de la préparation.

Frédéric, superviseur de production, place la poche dans une centrifugeuse pour en séparer les différents composants. « Il faut être très rigoureux. C’est un métier valorisant parce qu’il en va de la vie des malades. »

À l’œil, Frédéric sait reconnaître le sang d’un fumeur - sombre parce que moins oxygéné - ou le plasma de quelqu’un qui mange très gras, plus pâle que les autres. Une fois l’opération de séparation terminée, les poches sont stockées.

14h30

Alexis stocke les caisses en attente d’être acheminées dans les centres de distribution qui fournissent les hôpitaux. Il fait moins 36 °C dans la salle de conservation des poches de plasma. Les produits sanguins ont une durée de vie limitée : 42 jours pour les globules rouges, cinq jours pour les plaquettes et un an pour le plasma. D’où l’importance de donner régulièrement son sang.

15h

En début de don, des tubes-échantillons du sang de Xavier ont été prélevés. Ils ont été transmis à un plateau de qualification biologique situé à Eurasanté pour passer une série de tests. Cette étape se fait en parallèle de la préparation des poches de sang, pour ne pas perdre de temps. Avant transfusion, le sang du donneur est analysé pour garantir la sécurité du receveur. Sont recherchés les virus, les bactéries, les anticorps, etc. Si les résultats présentent une anomalie, la poche de sang est écartée et le donneur averti.

15 000 tubes sont traités ici chaque jour. Ils proviennent des donneurs du Nord de la France, d’Île-de-France et de Normandie.

18h

Dernière étape. Les produits sanguins viennent d’arriver du laboratoire de la rue de Trévise au centre de distribution situé sur le site du CHU. Le centre fournit une vingtaine d’hôpitaux et cliniques de la région. Un appel arrive. Un patient doit être transfusé à l’hôpital Huriez. L’une des opératrices interrompt son activité pour mettre à disposition la poche demandée. Le sang est acheminé par TAL (transport automatisé léger) et non par un coursier interne : par air comprimé des tubes contenant les produits sanguins sont envoyés vers les services de soins des hôpitaux en une à deux minutes seulement.

Par Sabine Duez

Maison du don : 38-42 avenue Saint-Charles. Ouverte lundi, mercredi, vendredi de 9h à 18h ; mardi et jeudi de 9h à 19h et samedi de 8h à 13h. Infos au 03 28 54 21 22. www.dondusang.net

Donner son sang

Donner son sang est un geste solidaire et gratuit. Il faut être âgé de 18 à 70 ans, peser au moins 50 kilos et ne pas venir à jeun. Les femmes peuvent donner leur sang 4 fois par an maximum, pour les hommes, c’est 6 fois.

Donner son plasma

Il faut être âgé de 18 à 65 ans, peser au moins 50 kg, bien s’hydrater et ne venir à jeun.

Le don peut se faire jusqu’à 24 fois par an au maximum, avec un délai de 2 semaines entre deux dons.

  • Photo Daniel Rapaich
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