Vincent Lelièvre, artiste, parrain de Solid’Art

Artiste des cités imaginaires et du trait libre, Vincent Lelièvre met son univers au service de la solidarité en devenant le parrain de la 12e édition de Solid’Art. Entre nouvelles créations, projets participatifs et engagement, il revient sur une démarche où l’art dépasse l’esthétique pour devenir utile. 

Photo Thomas Lo Presti

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à Solid’Art ?

Vincent Lelièvre : Solid’Art n’est pas qu’un salon d’art contemporain, c’est un projet solidaire créé par le Secours populaire : une œuvre achetée, c’est un enfant qui part en vacances. Ici, l’art a du sens : il dépasse le cadre esthétique pour devenir utile.

Partir en vacances, ce n’est pas uniquement changer d’air ou de décor. C’est aussi une façon de se construire des souvenirs, des émotions qui marquent, de grandir.

Le voyage est une grande source d’inspiration pour les petits comme pour les grands dans la construction de ce que nous sommes.

Je suis donc très heureux de participer à cet événement, aux côtés d’autres artistes. Mon rôle de parrain est d’être moteur, de donner de l’énergie au salon et d’encourager cette dynamique collective. D’autant que c’est un salon singulier où l’art est accessible à tous, et ça me tient à cœur, avec des œuvres à petit prix dès 25 €.

Quelles surprises avez-vous prévues ?

Même si je le fais régulièrement dans mon « atelier habité », c’est une occasion supplémentaire de rencontrer mon public et d’échanger avec lui.

Je vais présenter mes nouvelles créations : de grandes pièces de puzzle sur lesquelles j’ai dessiné.

J’ai également laissé carte blanche aux élèves du lycée EPIL - Groupe Ozanam Lille, pour construire une fausse boîte aux lettres dans laquelle les visiteurs pourront déposer des mots sur leurs destinations imaginaires. Les élèves se sont inspirés de mon travail et notamment de ma « Little House », une série créée il y a plusieurs années et qui représente une petite maison à l’écart d’une grande ville, avec différentes mises en scène.

Au milieu du salon, un artiste construira une colonne sur laquelle les visiteurs colleront mes œuvres pour n’en former qu’une seule. Et à la fin, elle sera découpée au format de leur choix.

Vous dessinez depuis près de trente ans. Pourquoi l’urbain ?

J’ai toujours été passionné de dessin et d’architecture. Quand j’ai commencé à dessiner des villes tentaculaires, des cités imaginaires, des villes idéales où je m’évadais, je pensais que mon travail n’intéresserait que les passionnés d’architecture, et encore.

Mais je me suis vite rendu compte que l’urbain parle au plus grand nombre. Parce que c’est notre quotidien à tous : on y vit et on y est attaché. Les villes sont des espaces où chacun peut projeter ses propres souvenirs. Elles sont vivantes, elles ont une histoire, une identité, elles transmettent des émotions. Je dis souvent que les maisons, comme les villes, ont une âme. Et ce qui est génial, c’est que chacun a sa propre interprétation d’une ville. D’ailleurs, je trouve que Lille a une âme féminine !

Comment votre travail s’exprime aujourd’hui ?

Au fil des années, la technique est restée la même mais le style a évolué. Je suis moins dans la précision qu’avant. Le trait est plus libre, plus vivant, mes œuvres sont moins statiques. Je dis souvent que la vie me passe à travers, alors fatalement, j’évolue et donc mes dessins aussi.

J’utilise toujours le même matériel : une règle en métal, des stylos Rotring aux pointes de différentes épaisseurs, du papier, bien sûr, et c’est tout ! Pas de numérique.

Je trouve mon inspiration lors de mes balades. J’observe les façades, les détails, les lignes, puis j’utilise tout ça dans mes dessins.

Les objets m’inspirent beaucoup, détournés de leur utilité première. J’ai toujours des idées. Je me remets sans cesse en question, sinon, on finit par se répéter.

2026 est une année particulièrement chargée pour vous !

En effet ! En plus de répondre aux sollicitations des institutions, des villes, des entreprises et des particuliers, j’ai participé à Solid’Art Paris en avril, et à Solid’Art Lille en juin.  

Le 15 juin, mon premier timbre édité à 800 000 exemplaires sera disponible dans tous les bureaux de Poste. L’occasion d’acquérir une œuvre à moins de 2 € ! Il représente le Palais de Tau, ancienne résidence de l’archevêque de Reims. C’était un challenge pour moi, parce que j’ai dû dessiner au plus petit pour être fidèle à la taille d’un timbre.

À Lille, du 19 au 27 septembre, je serai présent comme tous les ans à l’exposition du 111 des Arts où les œuvres sont vendues au profit de la recherche sur les cancers des enfants.

Et puis, mon troisième livre qui sortira fin d’année avec une prévente dès le 11 juin. « Traceur de villes » aux éditions Dashbook est une continuité des deux précédents, une rétrospective du travail que j’ai effectué au cours de ces trois dernières années.

Propos recueillis par Sabine Duez

. Vincent Lelièvre est le parrain de la 12e édition de Solid’Art Lille du 12 au 14 juin à l’hôtel de ville de Lille. Entrée libre : vendredi de 14h à 22h, samedi de 10h à 20h et dimanche de 10h à 19h.



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