Marcel Bernard, un Lillois à Roland

En 1946, un Lillois est devenu le premier vainqueur français de Roland-Garros d'après-guerre...

Aujourd’hui, l’un des plus beaux complexes tennistiques français porte son nom. Il se situe au Faubourg de Béthune. C’est dans ces installations que se trouve le Tennis Club Lillois Lille Métropole. « C’est Marcel Bernard, souligne Henri Magniant, son ancien président, qui avec Philippe Chatrier (président de la Fédération française de Tennis de l’époque) et Pierre Mauroy, les avaient inaugurées en 1990. »

Marcel Bernard a connu le club lillois et « ses fameux terrains en terre battue situés entre La Madeleine et Lille. Il a commencé à jouer très jeune au TCL, poursuit le président. A quatorze ans, il évoluait déjà en équipe première lors des interclubs avant de partir au Stade Français. » 

Le Lillois est l’un des plus grands joueurs français de tous les temps. Aujourd’hui, il y a une allée qui porte son nom à Roland-Garros reliant le court central au court Suzanne Lenglen. Il a vécu une belle histoire avec les internationaux de France. De 1932 à 1949, Il fut trois fois demi-finaliste (en 1932 à 18 ans, 1936 et 1947) et quatre fois quart de finaliste (en 1933, 1935, 1948 et 1949) et vainqueur en 1946… Ceci est une histoire assez incroyable. 

En ce mois de juillet 1946, il fait très chaud sur Paris. Le Lillois était inscrit dans les deux épreuves de double : messieurs et mixte, en double messieurs avec Yvon Pétra et en mixte avec l’américaine Margaret Osborne. Cette dernière annonça au juge arbitre qu’elle souhaitait limiter sa participation aux épreuves féminines à la grande déception de Marcel Bernard. Il réussit cependant à convaincre ce dernier de l’inscrire en simple où le tableau des 64 joueurs n’était pas rempli. A 32 ans, il n’était pas favori et comptait bien s’amuser. Ce talentueux gaucher au toucher subtil réalisa un énorme exploit en remportant le samedi 27 juillet le simple face au tchèque Jaroslav Drobny en cinq sets - 3-6 2-6 6-1 6-4 6-3 - et en double face à la paire Segura-Morea. Il faudra attendre 1983 et Yannick Noah pour retrouver un vainqueur tricolore sur le court central.



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